RDC: Muhindo Nzangi lance la réforme structurelle du secteur agricole et mobilise les agents pour un déploiement national

Muhindo Nzangi Butondo, ministre d’État en charge de l’Agriculture et Sécurité alimentaire
Muhindo Nzangi Butondo, ministre d’État en charge de l’Agriculture et Sécurité alimentaire

Le ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo, a réuni, mercredi 11 février à Kinshasa, les agents et cadres de son ministère pour une séance d’information marquant le lancement de la nouvelle vision agricole du gouvernement.

D’après la cellule de communication du ministère, Muhindo Nzangi a insisté sur une réforme en profondeur du secteur, axée sur la cohérence des initiatives, la décentralisation et la modernisation des structures administratives. Il a rappelé une « promesse tenue » : associer l’ensemble des agents aux missions de terrain. 

« Nous irons ensemble », a-t-il affirmé, annonçant un vaste diagnostic national pour évaluer les services agricoles dans les provinces et proposer des correctifs.

Au cœur de cette stratégie figure la création des Centres d’appui et de production des services agricoles (CAPSA). Ces pôles regrouperont semences, laboratoires d’analyse des sols, unités de fertilisants, services météorologiques et ateliers de motorisation agricole. Chaque centre devra disposer de 2 000 à 3 000 hectares sécurisés légalement, avec l’implication directe des gouverneurs.

Le ministre a dénoncé le manque de coordination des projets agricoles et exigé que  « désormais toute initiative passe par le ministère, avec une implication prioritaire des inspecteurs provinciaux ». 

Muhindo Nzangi avec les agents et cadres du ministère de l'Agriculture et Sécurité alimentaire 

La stratégie repose sur quatre cultures vivrières majeures : le maïs, le manioc, la banane et le haricot afin de consolider la base alimentaire nationale, avant de développer les cultures pérennes, comme le café, le cacao et le palmier à huile.

Un registre national des agriculteurs est en cours de constitution pour garantir une distribution équitable des intrants. Les coopératives seront privilégiées, mais uniquement, selon le ministre, celles orientées vers la production et la rentabilité. Par ailleurs, une mise à niveau du personnel et un redéploiement vers les provinces sont prévus pour déconcentrer l’expertise trop centralisée à Kinshasa.

Enfin, le ministre a annoncé la mise en place d’un mécanisme de financement pérenne pour assurer le bon fonctionnement permanent des CAPSA et leur intégration aux budgets provinciaux.

Avec cette feuille de route, le gouvernement, à travers le ministère de l’Agriculture, entend moderniser l’administration agricole, professionnaliser les acteurs et renforcer la souveraineté alimentaire du pays.