Programme FMI en RDC : la protection des dépenses sociales mise à l’épreuve par l’urgence sécuritaire

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Dans la deuxième revue du programme au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), le Fonds monétaire international constate que la République démocratique du Congo n’a pas respecté le plancher de dépenses sociales fixé à titre indicatif. Ce manquement intervient alors même que le rapport reconnaît une aggravation de la crise humanitaire liée au conflit à l’Est, illustrant la tension persistante entre impératifs sécuritaires et priorités sociales dans l’exécution budgétaire.

Le rapport du FMI indique que, parmi les objectifs indicatifs du programme, le plancher de dépenses sociales n’a pas été respecté sur la période examinée. Cette cible vise à préserver un niveau minimal de dépenses consacrées aux secteurs sociaux prioritaires, même en période d’ajustement ou de choc.

Le FMI précise que ce manquement s’inscrit dans un contexte de fortes contraintes budgétaires, mais ne fournit pas de ventilation détaillée des postes sociaux affectés ni d’évaluation quantitative de l’écart par rapport à la cible.

Parallèlement, le rapport souligne que la situation sécuritaire dans l’Est du pays a continué de se dégrader, entraînant une crise humanitaire majeure. Le conflit a provoqué des déplacements massifs de populations et accru les besoins en assistance humanitaire, ce qui a conduit l’État à effectuer des transferts vers des agences internationales et à financer des interventions d’urgence.

Le FMI reconnaît explicitement que ces pressions humanitaires ont pesé sur l’exécution budgétaire globale, sans toutefois détailler l’articulation entre ces dépenses d’urgence et les dépenses sociales inscrites dans le cadre du programme.

Selon le FMI, la non-réalisation du plancher de dépenses sociales est étroitement liée à la montée des dépenses exceptionnelles de sécurité et au recours accru aux procédures d’urgence. Ces facteurs ont absorbé une part significative des ressources budgétaires disponibles et limité la capacité de l’État à protéger pleinement les dépenses sociales programmées.

Le rapport souligne que cette dynamique reflète une contrainte structurelle plutôt qu’un relâchement volontaire de l’engagement social, mais il n’en mesure pas les conséquences sur les indicateurs sociaux ou sur l’accès aux services de base.

Face à ce constat, le FMI réaffirme l’importance de préserver l’espace budgétaire en faveur des dépenses sociales, notamment dans un contexte de vulnérabilité accrue des populations. Le rapport insiste sur la nécessité de renforcer la discipline budgétaire et de limiter les dépenses non prioritaires afin de dégager des marges pour les secteurs sociaux.

Toutefois, le document ne précise pas quelles mesures concrètes permettraient d’assurer le respect du plancher social à court terme, ni quels secteurs sociaux devraient être priorisés en cas de contraintes persistantes.

L’épisode met en lumière une tension centrale du programme FMI en RDC : concilier la stabilisation macroéconomique, la réponse sécuritaire et la protection des dépenses sociales dans un contexte de ressources limitées. Le FMI reconnaît cette tension, mais laisse ouverte la question de sa résolution durable tant que le choc sécuritaire perdure.

Le FMI note que le plancher de dépenses sociales n’a pas été respecté, principalement en raison des pressions liées aux dépenses de sécurité et aux urgences humanitaires, tout en rappelant que la protection des dépenses sociales demeure un objectif clé du programme.