Voici l’essentiel de l’actualité en RDC ce mercredi 11 février.
La journée a été marquée par une initiative diplomatique majeure de l’Angola proposant un cessez-le-feu entre Kinshasa et le M23, pendant que le gouvernement congolais précisait sa position sur le dialogue intercongolais. Sur le terrain, les combats et les violences ont persisté au Nord-Kivu, avec des frappes des FARDC contre l’AFC/M23, de nouvelles attaques meurtrières des ADF à Beni et une situation humanitaire préoccupante à Fizi, dans le Sud-Kivu.
Diplomatie et processus de paix : Luanda propose un cessez-le-feu
La République d’Angola a proposé l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu entre le gouvernement de la République démocratique du Congo et le groupe armé M23 à partir du 18 février à midi. L’annonce a été faite mardi par la présidence angolaise, à l’issue d’une réunion tenue lundi à Luanda entre le président angolais João Lourenço, le président congolais Félix Tshisekedi, le président togolais Faure Gnassingbé, médiateur de l’Union africaine, et l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, représentant des facilitateurs désignés par l’UA.
Selon le communiqué, la date proposée reste conditionnée à une déclaration publique d’acceptation des parties concernées. Luanda a également indiqué que l’annonce du début de la phase préparatoire du dialogue intercongolais, appelé à se dérouler en Angola, interviendra ultérieurement.
Position du gouvernement congolais : dialogue oui, mais sans impunité
Réagissant sur RFI, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a indiqué que l’Angola mènera des consultations préalables avec les acteurs congolais afin de créer les conditions d’un dialogue national. Il a réaffirmé que ce dialogue devra se tenir en République démocratique du Congo et ne consacrera « aucune forme d’impunité ».
Patrick Muyaya a estimé que l’impunité dont bénéficient certains acteurs armés est à la base de la répétition des conflits dans l’Est du pays. Interrogé sur une éventuelle implication de l’ancien président Joseph Kabila, il a renvoyé aux conclusions que tirera le président Lourenço à l’issue de ses consultations. Ces déclarations interviennent au lendemain de la réunion de Luanda ayant appelé à un cessez-le-feu et confié à l’Angola le mandat de consultations intercongolaises, tout en rappelant l’Accord de Washington du 4 décembre 2025 et les résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité de l’ONU.
Nord-Kivu : frappes des FARDC contre l’AFC/M23 à Walikale
Sur le terrain, les combats se sont poursuivis au Nord-Kivu. Des frappes aériennes menées par drones des Forces armées de la RDC (FARDC) ont visé ce mercredi plusieurs positions des rebelles de l’AFC/M23 autour de Mpety, dans le groupement Kisimba, territoire de Walikale. Selon des sources administratives et coutumières locales, les explosions ont été entendues aux environs de 13 heures, provoquant un mouvement de panique et la fuite de plusieurs familles vers la brousse.
Ces frappes interviennent 48 heures après d’autres bombardements ayant ciblé les positions rebelles de Mindjendje, près de Mpety, où plusieurs blessés avaient été signalés dans les rangs de l’AFC/M23. Le bilan des frappes de ce mercredi n’était pas encore connu.
Rutshuru : retour relatif au calme après des combats
Un retour progressif au calme a été observé ce mercredi dans la localité de Kilama, groupement de Bambo, territoire de Rutshuru, après trois jours de violents affrontements entre les rebelles de l’AFC/M23 et les wazalendo du Collectif de Mouvements pour le Changement/Forces de Défense du Peuple (CMC/FDP).
Selon des sources locales, les combats ont débuté le 8 février à la suite d’attaques menées par l’AFC/M23 contre plusieurs villages, avant d’être repoussés par les wazalendo. Ces affrontements ont entraîné des déplacements de populations vers des zones jugées plus sécurisées.
Beni : cinq civils tués dans une attaque attribuée aux ADF
Dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu, une attaque attribuée aux combattants des Allied Democratic Forces (ADF), survenue mardi 10 février dans le village de Mangadu-Upende, près de Mbau, a fait au moins cinq morts civils. Les corps ont été découverts mercredi matin, selon la société civile locale, qui fait également état d’un disparu et de dégâts matériels.
La société civile déplore la poursuite des attaques malgré les alertes et dénonce l’inaction des forces de sécurité. Depuis le début de l’année, plus de 60 civils ont été tués dans la région de Beni.
Sud-Kivu : alerte sur la situation sanitaire à Fizi
Au Sud-Kivu, l’hôpital général de référence de Fizi a alerté sur un risque imminent de rupture de stock de médicaments. Selon la direction de l’établissement, les routes d’approvisionnement sont devenues difficiles d’accès en raison des violences armées, alors que l’hôpital accueille de nombreux blessés et déplacés.
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a apporté une assistance médicale et logistique, permettant de limiter les décès, selon les responsables de l’hôpital.
Coopération régionale : Guy Kabombo en visite à Brazzaville
Sur le plan régional, le vice-Premier ministre et ministre de la Défense nationale, Guy Kabombo, séjourne à Brazzaville pour renforcer la coopération militaire entre la RDC et la République du Congo. Les autorités congolaises de Brazzaville ont réaffirmé qu’aucune action ne serait entreprise depuis leur territoire contre la sécurité de la RDC, tout en appelant au renforcement du dialogue et de la coopération pour sécuriser les frontières communes.
Cette visite intervient dans un contexte marqué par la persistance de la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC et la sensibilité des équilibres diplomatiques dans la sous-région.