La RDC obtient un nouveau mandat au Conseil de paix et de sécurité de l’UA

34e session ordinaire de l’Assemblée des Chefs d’État et de Gouvernements africains

La République démocratique du Congo (RDC) a été réélue membre du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine pour un mandat de deux ans. Le vote, organisé en marge de la 48ᵉ session ordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine, qui se tient du mercredi 11 au jeudi 12 février 2026 à Addis-Abeba, en Éthiopie, a permis au pays d’obtenir 44 voix sur 48, un score largement majoritaire.

Dans le même registre, la 48ᵉ session ordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine a également élu le Bénin, le Lesotho, le Maroc, le Gabon, la Somalie et l’Afrique du Sud. Dans la catégorie des États réélus, en dehors de la RDC, figurent également la Côte d’Ivoire, la Sierra Leone et l’Ouganda pour le mandat 2026-2028 (1er avril 2026 – 31 mars 2028). Il s’agit du deuxième mandat consécutif de la République démocratique du Congo, après celui entamé le 1er avril 2024.

"Les 10 membres seront approuvés par la 39e session ordinaire de l'Assemblée générale des Chefs d'État et gouvernement de l'Union africaine qui se tiendra du 14 au 15 février 2026 à Addis-Abeba ( Éthiopie)", précise le Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union africaine.

Au cours de son précédent mandat, la République démocratique du Congo a activement contribué aux travaux du Conseil et en a assuré la présidence tournante à deux reprises, en novembre 2024 puis en janvier 2026. De nombreux observateurs estiment que cette nouvelle élection conforte sa position diplomatique et renforce sa responsabilité dans la promotion de la paix et de la sécurité sur le continent africain.

Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) est l’organe décisionnel permanent de l’Union africaine pour la prévention, la gestion et le règlement des conflits. Le CPS constitue un système de sécurité collective et d’alerte rapide, visant à permettre une réaction rapide et efficace aux situations de conflit et de crise en Afrique. Il constitue également le pilier central de l’Architecture africaine de paix et de sécurité (APSA), qui est le cadre de la promotion de la paix, de la sécurité et de la stabilité sur le continent africain.

Le Protocole relatif à la création du Conseil de paix et de sécurité a été adopté le 9 juillet 2002 à Durban (Afrique du Sud) et est entré en vigueur en décembre 2003. Le CPS est devenu pleinement opérationnel au début de 2004. Le Protocole du CPS, ainsi que son Règlement intérieur, l’Acte constitutif de l’UA et les conclusions des diverses retraites du CPS, fournissent les directives opérationnelles des activités du CPS.

Les pouvoirs du CPS, conjointement avec le Président de la Commission de l’UA, consistent notamment à : anticiper et prévenir les différends et les conflits, ainsi que les politiques susceptibles de conduire à un génocide et à des crimes contre l’humanité ; exécuter des fonctions de rétablissement et de consolidation de la paix afin de résoudre les conflits là où ils se manifestent ; autoriser la mise en place et le déploiement de missions de paix et élaborer les directives pour la conduite de ces missions y compris leur mandat ; recommander à la Conférence, conformément à l’article 4 alinéa h de l’Acte constitutif de l’UA, une intervention, au nom de l’Union, dans un État membre dans le cas de circonstances graves, à savoir des crimes de guerre, un génocide et des crimes contre l’humanité tels que définis par les instances internationales pertinentes ; décider de sanctions chaque fois qu’un changement de gouvernement non conforme à la constitution a lieu dans un État membre ; mettre en œuvre la politique de défense commune de l’UA ; veiller à l’application des conventions et des instruments clés de lutte contre le terrorisme international ; promouvoir l’harmonisation et la coordination des efforts entre les mécanismes régionaux et l’UA en faveur de la paix, de la sécurité et de la stabilité en Afrique ; suivre la promotion des pratiques démocratiques, la bonne gouvernance, l’état de droit, la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales, le respect du caractère sacré de la vie humaine et du droit international humanitaire; favoriser et encourager la mise en œuvre des conventions et traités sur le contrôle des armes et le désarmement ; examiner et prendre des mesures dans les situations où l’indépendance nationale et la souveraineté d’un État membre sont menacées par des actes d’agression, y compris par des mercenaires ; appuyer et faciliter l’action humanitaire dans les situations de conflit armé ou de catastrophe naturelle grave.

Cette réélection intervient dans un contexte où Kinshasa a enregistré plusieurs succès diplomatiques sur la scène internationale  notamment son élection comme membre du Conseil des droits de l’homme des Nations unies pour le mandat 2025-2027 avec 172 voix sur 190 votants, son élection comme membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU pour le mandat 2026-2027, ainsi que l’exercice d’autres responsabilités, comme la vice-présidence de la dernière Assemblée générale de l’ONU.

Clément MUAMBA