Une nouvelle mission de pacification vient d'être dépêchée dans le territoire de Kwamouth. C’est pour faciliter la reddition des miliciens Mobondo aux forces de défense et de sécurité. Elle est conduite par le ministre délégué à la Défense, en charge des anciens combattants, Eliezer Ntambwe, sur instruction du gouvernement. Objectif : sensibiliser les miliciens à déposer les armes et à adhérer au processus de paix.
Le ministre Eliezer Ntambwe affirme avoir trouvé de la disponibilité et de la volonté chez certains miliciens à adhérer au processus de paix. Il précise que l'insécurité constitue le principal blocage de plusieurs projets du gouvernement dans ce coin du pays.
« Nous avons reçu l'autorisation du gouvernement de venir mener les actions tendant à pousser ces compatriotes à la conscience et à la reddition pour permettre que la partie soit pacifiée. Nous sommes venus spécialement d'abord pour rencontrer ceux qui sont ou ceux qui étaient dans le mouvement Mobondo afin de les sensibiliser à remettre les armes et à cesser les actions qu'ils mènent afin que la paix et le calme reviennent dans cette zone », a déclaré le ministre délégué à la Défense, en charge des anciens combattants, Eliezer Ntambwe.
Et de poursuivre :
« La zone souffre aujourd'hui de l'accessibilité. Ce n'est plus facile d'arriver jusqu'à Bandundu-ville, vu l'état de la route, mais également tous les programmes du gouvernement ne savent pas commencer dans ce territoire parce que les gens ne veulent pas prendre le risque de l'insécurité. J'ai trouvé de la disponibilité de quelques-uns des membres de Mobondo. Certainement qu'il y a eu d'autres initiatives dans ce sens, mais pour le moment, je trouve quand même qu'il y a une bonne volonté d'adhésion au processus de paix afin de mettre définitivement fin à ce phénomène », a ajouté Eliezer Ntambwe.
Depuis l'apparition du mouvement Mobondo à Kwamouth, plusieurs initiatives ont été engagées pour la réconciliation et la pacification de la région de Bandundu, en proie à l'insécurité et aux violences. En décembre 2022, la première mission de pacification a été dépêchée par le Président de la République. Elle impliquait le chef traditionnel Suku Fabrice Zombi Kavabioko, accompagné de plusieurs chefs coutumiers. La mission avait affirmé avoir réussi à faire sortir plusieurs miliciens de la forêt, à récupérer des armes et à recevoir ces hommes pour la formation militaire.
En avril 2024, quelques représentants des miliciens Mobondo et des chefs traditionnels des territoires impliqués avaient signé un acte d'engagement devant le Chef de l'État, notamment en faveur de la cessation des hostilités et du retour de la paix, initiative qui a accouché d’une souris face à la persistance des incursions sur le terrain.
La même année, soit en septembre, une nouvelle tentative a produit la signature de nouveaux engagements pour la cessation des hostilités et le retour de la paix. Les parties avaient recommandé l'installation des services de sécurité à Kwamouth, la création de nouveaux CIAT et sous-CIAT de la police, l'installation des parquets et des services d'inspection judiciaire du parquet et de l'auditorat, ainsi que l'organisation de procès publics à l'encontre des auteurs intellectuels et physiques des atrocités, initiative qui n'avait malheureusement pas produit les résultats escomptés.
En 2025, le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, a annoncé l'organisation des forums de paix dans chacune des provinces touchées pour régler le conflit dans toutes ses dimensions, avec l'implication de tous les acteurs pour le retour de la paix, forums qui restent encore attendus.
Jonathan Mesa