Elections en RDC : les inquiétudes persistantes du panel d’experts de la société civile

Liste d'électeurs affichée devant un bureau de vote lors des élections de 2018
Liste d'électeurs affichée devant un bureau de vote lors des élections de 2018

Plus qu’un mois et deux semaines nous séparent des élections générales en République démocratique du Congo. La Commission électorale nationale indépendante (CENI) poursuit avec l’exécution de son calendrier électoral publié le 26 novembre 2022. La campagne électorale, qui démarre ce 19 novembre, approche à grands pas. Mais du côté du panel d’experts de la société civile, quelques inquiétudes restent encore pendantes.

Dans une interview accordée à ACTUALITE.CD à la suite des arrêts de la Cour constitutionnelle dans le cadre des contentieux de candidatures, Dieudonné Mushagalusha, coordonnateur du panel d’experts de la société civile, insiste sur le caractère “illégal”, dit-il, de la date du 20 décembre 2023.  

En effet, cette journée devrait être déclarée fériée afin de se conformer à la loi électorale qui, en son article 52, stipule que « le vote, pour le scrutin direct, se tient le dimanche ou un jour férié ». Toutefois, pour M. Mushagalusha, cette date aura des conséquences sur le plan économique.  

« (…) On va certainement prendre la décision de déclarer la journée du 20 décembre chômée et payée. Mais les conséquences sont là sur le plan économique. C'est aussi une légèreté en termes de respect des instruments juridiques et surtout une loi aussi importante comme la loi électorale », dit-il.  

Il a aussi abordé la question liée à l’inclusivité du processus en cours. Pour lui, en dépit des arrêts rendus par la Cour, qui a validé toutes les candidatures retenues par la CENI et repêché deux autres provisoirement écartées, il est difficile de confirmer, à ce stade, qu’il y a inclusivité au regard de l'absence de certaines parties prenantes. 

« Je dois l'avouer, je dois le dire malheureusement une grande partie n'est pas partie prenante au processus (…). Il ne faut pas négliger cela. Est-ce qu'on peut déjà parler inclusivité ? Pour les compétiteurs qui ont accepté de souscrire au processus électoral en cours, Oui ! Mais d'une manière globale, on ne peut pas parler de l'inclusivité parce qu'il y a tant d'acteurs politiques qui sont encore méfiants au processus. Il faut réfléchir à deux niveaux dont sur le plan politique comment arriver à intégrer, à avoir l'inclusivité totale de tous les compétiteurs et tous les Congolais qui veulent exprimer leur droit civique, leur droit politique en termes d'être éligibles et électeurs », a indiqué Dieudonné Mushagalusha.

Pour rappel, dans son communiqué du 3 novembre dernier, la CENI a pris acte des arrêts de la Cour constitutionnelle et publié la liste définitive des candidats à la présidentielle. Au total, il y a vingt-six (26) candidats. 

David Ekutshu (stagiaire)