Dans une déclaration ce vendredi, Maître Azarias Ruberwa, Vice-président de la République honoraire, tire la sonnette d’alarme sur la dégradation dramatique de la situation sécuritaire et humanitaire dans les Hauts Plateaux du Sud-Kivu, en particulier dans la commune de Minembwe et ses environs.
Dénonçant le non-respect du cessez-le-feu annoncé sous médiation angolaise et soutenu par les États-Unis d’Amérique, Maître Ruberwa pointe la poursuite des combats entre les forces en présence comme cause directe de cette escalade. Il accuse la coalition impliquant l’armée nationale congolaise (FARDC), l’armée burundaise, divers groupes Maï-Maï et les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) d’avoir intensifié les attaques contre la population civile, notamment les Banyamulenge.
Selon ses propos, les civils Banyamulenge subissent quotidiennement, depuis surtout les deux dernières semaines, des bombardements par drones. Les victimes de ces frappes vont des plus vulnérables aux plus âgés : un bébé d’un an retrouvé sans vie dans une maison détruite par un drone, jusqu’à une femme de 101 ans exécutée à bout portant, précise-t-il.
« La population est cruellement pourchassée », affirme Maître Azarias Ruberwa, sous le feu combiné de drones et d’armes lourdes. Il dénonce explicitement l’utilisation de la faim comme arme de guerre, imposée délibérément à ces communautés pour les affaiblir et les contraindre au déplacement.
Face à l’intensité des attaques menées au cœur des zones habitées par des civils et au caractère manifestement ciblé des violences, l’ancien vice-président exige l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante internationale pour établir les responsabilités précises et qualifier les crimes graves en cours.
Il met en garde : « Si rien n’est fait rapidement, l’épuration ethnique déjà dénoncée à plusieurs reprises par les Nations unies, ainsi que le déracinement redouté depuis neuf ans, seront bel et bien consommés. » Maître Azarias Ruberwa rappelle que les populations d’Uvira et de Minembwe sont égales en droits et en dignité. Il exhorte le Gouvernement de la République démocratique du Congo ainsi que la Communauté internationale à veiller scrupuleusement à cette égalité, sans aucune forme de discrimination.
De leur côté, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et la coalition AFC/M23 continuent de s’accuser mutuellement, via des communiqués officiels et des déclarations publiques, de violations répétées des cessez-le-feu successifs (notamment ceux négociés sous médiation angolaise, qatarie ou américaine). D’un côté, l’état-major des FARDC dénonce régulièrement des attaques « terroristes » ou des bombardements menés par l’AFC/M23 et ses alliés (RDF rwandaise), accusant ces forces de saboter les processus de paix, d’incendier des villages pour punir les populations civiles ou de mener des offensives coordonnées dans des zones comme Minembwe, Walikale, Rutshuru, Fizi-Uvira ou Masisi. De son côté, l’AFC/M23 réplique en publiant des communiqués qui accusent les FARDC, souvent en coalition avec les Wazalendo, les FDLR, des mercenaires étrangers ou l’armée burundaise, de bombardements aveugles sur des civils, de massacres systématiques, de déplacements forcés et de violations flagrantes des engagements de Doha ou de Washington.