Prochaine élection présidentielle le 20 décembre 2023: défis et enjeux
Dimanche 27 novembre 2022 - 08:56
Liste d'électeurs affichée devant un bureau de vote lors des élections de 2018
Liste d'électeurs affichée devant un bureau de vote lors des élections de 2018

La prochaine élection présidentielle en République démocratique du Congo (RDC) aura lieu le 20 décembre 2023, et pourrait notamment opposer comme en 2018 l'actuel président Félix Tshisekedi à Martin Fayulu.

L'annonce de la date, faite samedi par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), intervient alors que l'est du pays reste en proie aux violences de groupes armés, dont la rébellion du M23 qui contrôle une partie d'un territoire du Nord-Kivu.

"L'insécurité persistante dans certaines parties du territoire" est un des "défis" à relever par la Ceni pour organiser dans les temps un scrutin qu'elle veut "libre, démocratique, transparent", a déclaré son président, Denis Kadima qui a lu le calendrier électoral au siège de la commission.

Des experts ont en outre manifesté leurs doutes sur un processus qui, selon eux, a pris "un mauvais départ" et risque encore une fois d'aboutir à une élection contestée. 

En RDC, la présidentielle est une élection à un seul tour, couplée aux législatives ainsi qu'aux élections des députés provinciaux et des conseillers communaux.

La prestation de serment du président élu aura lieu le 20 janvier 2024, a précisé la Ceni.

Le président Félix Tshisekedi, qui a succédé à Joseph Kabila en janvier 2019 à l'issue d'une élection controversée, a déjà exprimé son intention de se représenter. 

Parmi les autres candidats possibles figure Martin Fayulu, qui continue d'ailleurs d'affirmer avoir remporté celle de 2018 et été privé de sa victoire.

- Inquiétudes - D'autres potentiels candidats tels que l'ancien Premier ministre Adolphe Muzito ou encore l'ancien gouverneur du Katanga Moïse Katumbi, ne se sont pas encore prononcés clairement.

L'ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo (2012-2016) a de son côté fait part de son intention de se présenter.

Des poursuites engagées contre lui pour détournement présumé de fonds publics, qu'il conteste, avaient tourné court en novembre dernier, quand la Cour constitutionnelle avait estimé qu'elle n'était pas compétente pour le juger. La voie était alors dégagée pour lui. Mais la composition de la Cour a changé et celle-ci se considère maintenant en mesure de le juger, laissant entrevoir un procès.

Dans un rapport publié en octobre, des chercheurs des organisations Groupe d'étude sur le Congo(GREC) et Ebuteli, liées à l'Université de New York (NYU), s'inquiétaient d'un "processus mal embarqué" et d'un "déficit de confiance" porteurs, selon eux, de risques de "violentes protestations".

"La mainmise politique persiste sur les institutions impliquées dans la gestion du processus électoral", analysaient-ils.

En RDC, les résultats de la présidentielle sont parfois violemment contestés, comme en 2006 et 2011, avec à la clé des dizaines de morts. 

D'autres inquiétudes se manifestent dans le pays au regard du regain de tension lié à la rébellion du "Mouvement du 23 mars" (M23), qui s'est emparée récemment de larges portions d'un territoire au nord de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu dans l'est.

Les combats ont notamment provoqué le déplacement de dizaines de milliers de personnes ces derniers mois.

Plusieurs initiatives diplomatiques sont en cours pour tenter de ramener la paix et d'apaiser les tensions entre la RDC et le Rwanda, accusé par Kinshasa de soutenir le M23. Un mini-sommet cette semaine à Luanda a décidé un cessez-le-feu à partir de vendredi soir. Les lignes de front semblaient calmes samedi, mais la région, habituée aux engagements non tenus, reste très sceptique.

Cette question sécuritaire doit nécessairement être prise en compte pour garantir "l'inclusivité" du scrutin, a réagi Jonas Tshombela, président de la Nouvelle société civile du Congo.

En annonçant la date du 20 décembre 2023, "la Ceni est en train de tenter de nous convaincre que l'élection présidentielle va avoir lieu dans le délai constitutionnel, ce que nous apprécions déjà", a-t-il ajouté, promettant d'"examiner de près" ce calendrier.

Beaucoup pensaient que le gouvernement "utiliserait la cause de l'insécurité" pour ne pas organiser le scrutin, a souligné à des journalistes le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya.

Selon lui, "le matériel électoral de la Ceni dans le territoire de Rutshuru a été saccagé, mais cela ne nous empêche pas de travailler (...) pour permettre au processus de se faire au même moment, au même rythme" partout dans le pays.

Par ailleurs, la question du "financement des élections fait partie des priorités du gouvernement", a-t-il assuré: "en ce jour, aucun partenaire financier n'a donné un quelconque dollar. Le gouvernement pour l'exercice 2022 s'est acquitté aujourd'hui de 80%, minimum, de ce qu'il doit payer".

 

AFP avec ACTUALITE.CD

                

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