Lubero : le bilan de l’attaque des rebelles ADF à Mambimbi-Isigo passe de 15 à 21 morts

Un milicien dans l'est de la RDC / Ph. Droits tiers

Le bilan de la récente attaque attribuée aux rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF) à Mambimbi-Isigo, dans le groupement Bapakombe, secteur de Bapere, en territoire de Lubero (Nord-Kivu), s’est alourdi. Il est passé de quinze à vingt-et-un civils tués, tandis que plusieurs personnes restent portées disparues.

Selon le président de la société civile de Bapere Kakule Kagheni Samuel qui donne l'information à ACTUALITE.CD, six nouveaux corps ont été découverts ce lundi, portant à vingt-et-un le nombre total de victimes civiles. Cette attaque avait été perpétrée dans la nuit du vendredi 6 au samedi 7 février 2026. Les assaillants ont également incendié plusieurs habitations et détruit des biens matériels.

Lors de l’attaque précédente, au moins quinze civils, dont deux femmes, avaient été tués. Des maisons avaient été incendiées et plusieurs familles contraintes de fuir. Un survivant ayant réussi à s’échapper des assaillants avait fait état d’un lourd bilan humain, affirmant n’avoir pas été en mesure de dénombrer les corps rencontrés lors de sa fuite. La société civile du secteur de Bapere avait alors fait état d’un bilan provisoire de quinze morts et de sept maisons incendiées.

Cette incursion armée est intervenue alors que des informations faisant état de la présence et de la circulation des rebelles ADF dans cette partie du secteur de Bapere étaient signalées depuis plus de quatre jours. La situation sécuritaire s’est rapidement détériorée, provoquant la panique et le désespoir parmi les habitants. Dès le samedi 7 février, des mouvements de déplacement de populations ont été observés vers Njiapanda et d’autres localités considérées comme relativement plus sûres.

Selon plusieurs sources locales, jusqu’aux heures vespérales du samedi, le village attaqué restait inaccessible, ce qui a retardé l’inhumation des victimes, certains corps demeurant encore sur les lieux du drame.

Dans le territoire voisin de Beni, la violence des ADF s’est également intensifiée. Six civils ont été tués dans une embuscade survenue dans la soirée du mardi 4 février 2026 à Malibo, sur l’axe routier Oicha–Mamove. Cette attaque avait eu lieu quelques heures après une autre embuscade sur le même tronçon, ayant coûté la vie à quatre autres personnes. Au total, au moins dix civils ont été tués en une seule journée sur cet axe, où plusieurs motos ont également été incendiées.

Dans un rapport publié le mardi 3 février, la coordination provinciale de la société civile du Nord-Kivu fait état d’au moins soixante-trois civils tués depuis le début de l’année par des rebelles présumés ADF dans les territoires de Beni et de Lubero. Selon ces données, le territoire de Lubero demeure le plus affecté avec cinquante-deux morts, contre dix enregistrés en territoire de Beni.

Outre les pertes humaines, ces attaques ont causé d’importants dégâts matériels, notamment l’incendie d’un poste de santé, de soixante-sept boutiques et de dix maisons, ainsi que la destruction de vingt-trois motos et d’un « barza », lieu traditionnel de réunion des autorités locales.

Ces violences répétitives ont entraîné le déplacement de milliers de familles vivant désormais dans des conditions humanitaires précaires. La persistance de l’insécurité continue d’empêcher le retour des populations dans plusieurs localités, aujourd’hui considérées comme des zones à haut risque.

Josué Mutanava