RDC: l’urgence d’ouvrir le débat sur une réforme profonde de la CENI,  priorité absolue pour la survie de notre nation (Claudel-André Lubaya)
Claudel-André Lubaya, Ph. ACTUALITE.CD

Le débat sur la réforme du système électoral est engagé. Protestants et catholiques ont mis en garde sur la politisation de la centrale électorale. La principale force de l’opposition, Lamuka, s’est également positionnée pour les préalables pour éviter les erreurs du passé. Dans cette tribune sur ACTUALITE.CD, le député Claudel-André Lubaya, président du Comité de suivi des politiques publiques à la chambre basse du parlement, propose une réflexion sur la réforme profonde de la CENI.

Tribune.

Au commencement était l’espoir suscité par les accords de Sun City, consacrant la CENI comme institution d’appui à la démocratie. Un espoir qui s’est malheureusement amenuisé au fil du temps, et ce, parallèlement au constat du désenchantement de nos compatriotes sur les élections : opacité dans le fonctionnement de la Centrale électorale, dans l’organisation des élections, cycles électoraux avortés, violation délibérée et systématique de la loi électorale et au, final, contestation des résultats.

Dévoyée ainsi de ses finalités, la CENI a, au fil des trois cycles électoraux successifs (2006, 2011 et 2018), changé notre système électoral en un simple instrument de plébiscite d’un régime politique dans la ligne des anciens partis uniques. Sur le continent africain, partout où elles ont servi d’organe d’appui à la démocratie, les CENI ont peiné à s’affranchir de la tutelle des pouvoir en place. A ce constat d’échec s’ajoute celui des dépenses financières exorbitantes consenties à dessein, au profit d’une institution budgétivore s’alignant de facto derrière les intérêts d’une famille politique dans la conduite de sa mission.

C’est ainsi que notre suffrage universel par le biais de la CENI, est devenu le moyen par lequel un régime politique peut se maintenir au pouvoir ou coopter du personnel politique sélectionné par le biais des cours et tribunaux, servant de complément au dispositif de conservation du pouvoir, tout en excluant l’expression de la volonté populaire qu’elle prétend pourtant servir. Miser donc sur la CENI, dans sa configuration actuelle, c’est conforter l’illusion que la légitimité d’un pouvoir politique sans base populaire doit nécessairement transiter par elle, quitte à contredire les choix issus des urnes.

Dès lors, parler des élections de 2023 relèverait de l’irresponsabilité politique. Par conséquent, une réforme profonde de la CENI aux seules fins de régler l’épineuse question de son fonctionnement transparent et de la crédibilité des élections crédibles est une priorité absolue pour la survie de notre nation.

Pour départager les protagonistes et réconcilier toutes les tendances autour du processus électoral et du pouvoir organisateur, en permettant au peuple d’y croire encore et de se l’approprier, il revient au Président de la République, dans son rôle constitutionnel de Garant de la nation, de prendre l’initiative de convoquer des assises où les forces politiques, la société civile et les confessions religieuses seront toutes représentées afin de trouver un consensus sur le mode de fonctionnement de la CENI, préalable à la tenue des scrutins à venir. 

Ainsi devront être réglées sans délai, les questions liées au recensement de la population, à l’établissement d’une carte d’identité et à la modification de la loi électorale.

La démocratie est un long processus qui ne se décrète pas tel un slogan. Ce n’est qu’ensemble que nous pouvons y arriver.

 

 

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