La République démocratique du Congo, le Rwanda, les États-Unis, le Qatar, le Togo, au nom de l'Union africaine, ainsi que la Commission de l'Union africaine, ont pris part à la cinquième réunion du Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité (JSCM). Ces assises se sont tenues les 15 et 16 juillet à la mission des États-Unis à Genève, en Suisse. Au cours de cette réunion, les parties ont évalué la situation sécuritaire dans l'est de la RDC dans le cadre de la mise en œuvre des Accords de Washington.
À l'issue des travaux, indique le communiqué final publié par le Département d'État américain, les participants ont réaffirmé leur engagement à accélérer la mise en œuvre des Accords de Washington, notamment les efforts de neutralisation des FDLR, le désengagement des forces et la levée des mesures défensives. Ils ont également exprimé leur volonté d'examiner d'éventuels mécanismes de vérification afin d'accompagner l'application de ces engagements.
Toutefois, ce nouvel engagement en faveur de la mise en œuvre des dispositions sécuritaires prévues dans le Concept d'opérations (CONOPS) n'est assorti d'aucune nouvelle échéance. Aucun calendrier actualisé n'a été arrêté et aucun bilan concret des progrès accomplis n'a été présenté. Les parties se sont en revanche accordées pour explorer d'éventuels mécanismes de vérification destinés à faciliter la mise en œuvre des Accords de Washington.
« Les parties ont évalué la situation sécuritaire dans l'est de la RDC et se sont employées à parvenir à une compréhension commune des conditions sur le terrain. La RDC et le Rwanda ont réaffirmé leur engagement à mettre en œuvre rapidement les Accords de Washington, notamment en accélérant les efforts de neutralisation des FDLR et de désengagement des forces/levée des mesures défensives. Afin de renforcer la transparence et la responsabilité dans ce processus, les parties ont convenu d'étudier d'éventuels mécanismes de vérification pour faciliter la mise en œuvre des Accords de Washington », précise le communiqué final publié à l'issue de la réunion.
Au cours de cette même session, les participants ont également reçu un exposé de la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) sur les activités de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR). Selon le communiqué, les échanges ont porté sur la manière dont ces actions contribuent aux objectifs des Accords de Washington, notamment à travers le rapatriement des combattants des FDLR. Les participants ont également identifié les prochaines étapes visant à renforcer leur coordination
Cette nouvelle réunion d'évaluation intervient après celle de Londres (Royaume-Uni) et un mois après que la situation sécuritaire dans l'Est de la République démocratique du Congo a été examinée par le Conseil de sécurité des Nations unies lors d'une réunion tenue à New York. À cette occasion, Massad Fares Boulos, conseiller principal des États-Unis pour les affaires africaines, avait dressé le bilan de l'Accord de Washington conclu un an auparavant entre la RDC et le Rwanda.
Selon le responsable américain, également surnommé « Monsieur Afrique » de l'administration Trump, les engagements pris par les deux parties n'ont pas été pleinement respectés. Kinshasa est notamment accusé de ne pas avoir suffisamment progressé dans la neutralisation des FDLR dans les zones concernées, tandis que Kigali est pointé du doigt pour le maintien de ses forces et son soutien au mouvement rebelle AFC/M23.
Face à cette situation, Massad Fares Boulos avait exhorté les deux pays à accélérer la mise en œuvre de leurs engagements, estimant que les retards et les justifications n'étaient plus acceptables. Il avait également réaffirmé la volonté des États-Unis de sanctionner tous les acteurs qui entravent le processus de paix dans l'Est de la RDC, notamment des responsables militaires et des réseaux impliqués dans le commerce illicite des minerais.
Dans ce contexte, les appels se multiplient aux niveaux national, régional et international pour exhorter les différentes parties à respecter les engagements souscrits dans le cadre des initiatives de paix. Toutefois, ces appels demeurent, jusqu'à présent, sans effet notable, relançant le débat sur le décalage persistant entre les avancées diplomatiques enregistrées sur le plan politique et la réalité du terrain. La réduction de cet écart peine encore à se concrétiser. Chaque partie continue d'interpréter les dispositions des Accords de Washington selon sa propre lecture, rendant leur mise en œuvre toujours plus incertaine
Clément MUAMBA