Ituri : à Mongbwalu, le PAM cible une zone classée IPC 3+ pour freiner Ebola et répondre à la crise alimentaire

Illustration
Photo d'illustration

La commune rurale de Mongbwalu, dans le territoire de Djugu (Ituri), cumule deux vulnérabilités majeures : elle est l'un des foyers de la 17ᵉ épidémie d'Ebola en RDC et figure parmi les zones classées en phase IPC 3+, un niveau qui traduit une crise de sécurité alimentaire. C'est dans ce contexte que le Programme alimentaire mondial (PAM) distribue des vivres à 7 525 ménages afin de répondre simultanément à l'urgence alimentaire et aux impératifs de santé publique.

Selon le PAM, le choix de Mongbwalu repose sur les analyses du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), qui évaluent chaque année le niveau de vulnérabilité des populations. Les données recueillies par les experts ont montré que cette zone nécessitait un appui urgent.

«L'IPC, c'est le Cadre intégré de la classification de phase de la sécurité alimentaire. C'est une analyse qui se fait chaque année pour évaluer la situation de la sécurité alimentaire et classer les zones selon leur degré de vulnérabilité. Les données analysées ont démontré que Mongbwalu se trouvait dans une phase qui nécessite véritablement un appui en sécurité alimentaire. C'est pourquoi elle a été classée en phase IPC 3+», explique Tourne Kasereka, Monitoring Assistant au sous-bureau de Bunia du Programme alimentaire mondial.

Au-delà de la réponse alimentaire, cette assistance poursuit un objectif sanitaire. En fournissant une ration couvrant trente jours de consommation, le PAM entend limiter les déplacements des ménages à la recherche de nourriture, alors que la zone demeure affectée par Ebola.

L'opération concerne 7 525 ménages identifiés lors d'une enquête porte-à-porte. Chaque ménage reçoit notamment du riz, des haricots, de l'huile végétale et du sel, des produits sélectionnés sur la base des habitudes alimentaires locales.

Cette intervention bénéficie de l'appui de plusieurs partenaires internationaux. Les sacs distribués portent notamment le logo du gouvernement des États-Unis, principal bailleur du PAM pour cette opération.

«Les États-Unis figurent parmi nos plus grands bailleurs. Ils financent une part importante de nos activités. Lorsque vous voyez leur logo sur les sacs distribués, cela signifie qu'ils font partie des partenaires qui rendent cette assistance possible», souligne Tourne Kasereka.

Le PAM indique enfin que cette distribution pourrait être renouvelée au cours des prochaines semaines, sous réserve de la disponibilité des ressources financières, afin de poursuivre l'accompagnement des ménages dans cette zone particulièrement exposée aux crises alimentaire et sanitaire.

Freddy Upar, à Bunia