Kasongolunda : six décès parmi plus de 2 700 Congolais refoulés d’Angola en novembre 2025

Photo ACTUALITE.CD.

Il y a de plus en plus de Congolais refoulés d’Angola dans le territoire de Kasongolunda, dans la province du Kwango. De novembre 2025 au 30 juin dernier, 2 781 refoulés ont été recensés, dont plus de 1 000 enfants, 22 femmes enceintes, 12 femmes allaitantes, 13 personnes vivant avec un handicap et 16 orphelins.

Selon les statistiques rapportées par la société civile locale, au moins six refoulés ont perdu la vie à la suite des mauvaises conditions de vie depuis la première vague. Ces personnes vivent dans les villages situés le long de la frontière entre la province du Kwango et l’Angola, notamment à Kawungula, à Mawangu, à Manzazi et dans la commune rurale de Tembo.

Depuis neuf mois, aucune structure humanitaire, ni le gouvernement central ni l’exécutif provincial, n’est venu à leur secours. Auparavant, ils se concentraient à Tembo. À la suite de l’accès difficile à l’alimentation, nombreux sont ceux qui ont pris l’option de se rendre dans les différents villages voisins, dans la quête désespérée de leur survie.

Le président de la société civile de Tembo alerte également sur la rupture de stock au sein de la structure de santé locale qui a assuré la prise en charge sanitaire de certains refoulés.

« C’est une situation hors du commun, très dégradante. Il y a ceux qui dorment à ciel ouvert, comme un couple qui est ici. Il n’y a pas un organisme qui nous est venu en aide. Le comité local de crise n’a absolument rien, comme l’hôpital. Il y a certains cas qu’on avait traités, mais l’hôpital n’a rien pour assurer la continuité », a alerté Jean Kajiji, président de la société civile de Tembo.

La société civile a également déploré la sourde oreille du gouvernement depuis que les cris d’alarme sont lancés.

« Est-ce qu’il y a un gouvernement ? Le gouvernement doit travailler pour le bien-être de sa population. Y a-t-il un gouvernement provincial ou national ? Rien ne le montre. Depuis 2025, nous lançons un cri d’alarme pour qu’on vienne nous aider, mais aucun signe de vie, absolument rien. Comment peut-on dire qu’il y a un gouvernement ? Il n’y a absolument rien », a-t-il ajouté.

Les premiers mouvements de refoulés d’Angola ont été signalés en novembre 2025 à Shakufwa, dans le territoire de Kahemba, et à Tembo, dans le territoire de Kasongolunda.

Le 7 novembre 2025, l’Assemblée provinciale du Kwango avait dénoncé les conditions inhumaines dans lesquelles les Congolais sont refoulés d’Angola. Elle alertait sur la présence massive de femmes, d’enfants et même de personnes ne parlant aucune langue congolaise. Dans une déclaration officielle, elle avait invité le gouvernement à renforcer la sécurité aux postes frontaliers.

Jonathan Mesa