Accord de Washington : sans avancée significative ni calendrier de mise en œuvre, Kinshasa et Kigali réitèrent leur engagement à accélérer les efforts de neutralisation des FDLR et la levée des mesures défensives 

Signature de la déclaration de principe par les MAE congolais et rwandais à Washington
Signature de la déclaration de principe par les MAE congolais et rwandais à Washington

Alors que la situation sécuritaire demeure préoccupante et continue de se dégrader dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), marqué par la poursuite des affrontements entre les forces gouvernementales et la rébellion de l'AFC/M23, soutenue par le Rwanda, ainsi que par les efforts diplomatiques menés par plusieurs acteurs régionaux et internationaux pour parvenir à une solution durable, les représentants de la RDC et du Rwanda ont une nouvelle fois réaffirmé leur volonté de poursuivre la mise en œuvre des Accords de Washington, un an après leur signature au niveau ministériel sous l'égide de Marco Rubio, secrétaire d'État américain, à Washington, aux États-Unis.

C'est la principale information de la cinquième réunion du Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité (MCCS), tenue les 15 et 16 juillet 2026 à la Mission américaine à Genève, en Suisse. Cette rencontre a, une nouvelle fois, réuni les délégations des deux pays en conflit, ainsi que les représentants des États-Unis, du Qatar, du Togo, en qualité de médiateur de l'Union africaine, et de la Commission de l'Union africaine. Selon le communiqué final publié par le Département d'État américain, les discussions ont principalement porté sur l'évolution de la situation sécuritaire dans l'est de la RDC ainsi que sur les conditions nécessaires à la consolidation du processus de paix.

Selon ce communiqué, les parties ont procédé à une évaluation de la situation sur le terrain afin de parvenir à « une compréhension commune » des réalités sécuritaires dans l'est de la RDC, avec un accent particulier sur la mise en œuvre du CONOPS. Toutefois, aucune nouvelle échéance ni aucun bilan concret des progrès réalisés n'ont été annoncés concernant ce volet stratégique des Accords de Washington.

« Au cours de la réunion, les parties ont évalué la situation sécuritaire dans l'est de la RDC et se sont employées à parvenir à une compréhension commune des conditions sur le terrain. La RDC et le Rwanda ont réaffirmé leur engagement à mettre en œuvre rapidement les Accords de Washington, notamment en accélérant les efforts de neutralisation des FDLR et de désengagement des forces ainsi que de levée des mesures défensives », indique le communiqué final.

Au cours des échanges, la République démocratique du Congo et le Rwanda se sont engagés à partager régulièrement des informations afin de maintenir une compréhension commune de la situation sécuritaire dans l'est de la RDC. Ils ont également remercié les États-Unis, le Qatar, le Togo et l'Union africaine pour leur accompagnement tout au long du processus de paix.

« Les Accords de Washington représentent une occasion historique d'instaurer la sécurité et la prospérité pour les populations de la région des Grands Lacs. Les parties ont réaffirmé leur détermination à mener ce processus à son terme et ont convenu de se réunir à nouveau dans les prochaines semaines afin d'évaluer les progrès accomplis », ajoute le communiqué final.

Cette nouvelle réunion d'évaluation intervient après celle de Londres (Royaume-Uni) et un mois après que la situation sécuritaire dans l'Est de la République démocratique du Congo a été examinée par le Conseil de sécurité des Nations unies lors d'une réunion tenue à New York. À cette occasion, Massad Fares Boulos, conseiller principal des États-Unis pour les affaires africaines, avait dressé le bilan de l'Accord de Washington conclu un an auparavant entre la RDC et le Rwanda.

Selon le responsable américain, également surnommé « Monsieur Afrique » de l'administration Trump, les engagements pris par les deux parties n'ont pas été pleinement respectés. Kinshasa est notamment accusé de ne pas avoir suffisamment progressé dans la neutralisation des FDLR dans les zones concernées, tandis que Kigali est pointé du doigt pour le maintien de ses forces et son soutien au mouvement rebelle AFC/M23.

Face à cette situation, Massad Fares Boulos avait exhorté les deux pays à accélérer la mise en œuvre de leurs engagements, estimant que les retards et les justifications n'étaient plus acceptables. Il avait également réaffirmé la volonté des États-Unis de sanctionner tous les acteurs qui entravent le processus de paix dans l'Est de la RDC, notamment des responsables militaires et des réseaux impliqués dans le commerce illicite des minerais.

Dans ce contexte, les appels se multiplient aux niveaux national, régional et international pour exhorter les différentes parties à respecter les engagements souscrits dans le cadre des initiatives de paix. Toutefois, ces appels demeurent, jusqu'à présent, sans effet notable, relançant le débat sur le décalage persistant entre les avancées diplomatiques enregistrées sur le plan politique et la réalité du terrain. La réduction de cet écart peine encore à se concrétiser. Chaque partie continue d'interpréter les dispositions des Accords de Washington selon sa propre lecture, rendant leur mise en œuvre toujours plus incertaine

Clément MUAMBA