RGPH-2 : face aux professeurs d’universités, Guylain Nyembo reconnaît la place de la science dans la valorisation des données statistiques de cette opération

À droite, le ministre Gylain Nyembo
À droite, le ministre Gylain Nyembo

Après le parlement, le ministre d’État chargé du plan et de la coordination de l’aide au développement, accompagné du représentant pays de l’UNFPA, a échangé avec des professeurs d’universités au cours d’une séance académique organisée jeudi 16 juillet 2026, à Kinshasa. L’objectif de cette assise était de recueillir leurs avis, contributions et préoccupations relatifs au deuxième recensement général de la population et de l’habitat.

Dans sa communication, Guylain Nyembo a, d’entrée de jeu, reconnu « la place particulière » qu’occupent les universités et instituts supérieurs dans ce projet stratégique du gouvernement, crucial pour la planification du développement. Car, il estime que son succès se mesurera « à la manière dont notre pays saura transformer les données collectées en connaissances, les connaissances en politiques publiques, et les politiques publiques en amélioration concrète des conditions de vie de nos populations ».

Dans la foulée de son speech, ce membre du gouvernement a exprimé son attente sur la contribution qu’apporteront les scientifiques, qu’il présente comme le seul corps censé donner de la valeur aux données statistiques qui découleront du deuxième recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2).

« Les données statistiques, aussi précieuses soient-elles, ne prennent leur véritable sens que lorsqu'elles sont analysées, interprétées, confrontées aux réalités du terrain et transformées en connaissances utiles à la décision publique. Cette responsabilité est la vôtre. C'est dans vos amphithéâtres, vos laboratoires, vos centres de recherche et vos facultés que ces données deviendront des analyses démographiques, économiques, sociales, environnementales et territoriales capables d'éclairer les choix de notre pays pendant de nombreuses années », avoue Guylain Nyembo, qui a annoncé que beaucoup d’étudiants participeront notamment aux opérations de terrain.

Pendant des échanges, des recteurs et professeurs d’universités ont proposé au gouvernement de faire des défis actuels d’opportunités de créations des startups devant apporter des solutions aux problèmes. D’autres participants ont proposé l’intégration des nouvelles technologies dans ce projet de gouvernance en vue de faciliter l’accès aux services de base qui requièrent des informations personnelles.

Présent à cette séance académique, l’Institut National de la Statistique (INS) a rappelé les quatre phases de RGPH-2, qui sont :  la phase préliminaire ou la mise en place du cadre juridique et institutionnel et la mobilisation des ressources ; la phase préparatoire ou l’élaboration des plans méthodologiques et outils de collecte et travaux cartographiques ; le démembrement exhaustif des agents recenseurs qui visitent tous les ménages avec un questionnaire, ainsi que la phase post-démembrement : enquête de couverture, traitement et analyse des données et publication des résultats définitifs.

S’agissant du recensement dans les zones sous occupations des rebelles de l’AFC-M23, l’INS a affirmé que des mécanismes sont en plein déploiement en vue de rendre cette opération globale. Cet établissement envisage un plan B, consistant à faire recours au recensement hybride, l’une des techniques approuvées par les Nations unies et testées dans plusieurs pays en guerre, dont l’Irak, l’Afghanistan et autres. Les experts pourraient aussi se contenter des statistiques proches de la réalité à travers l’imagerie satellitaire.

Lors d’une table ronde organisée par le gouvernement en mars dernier avec des partenaires, le président de la République avait annoncé que le gouvernement congolais dispose déjà de 30 millions USD sur les 192 millions, mobilisés et transférés dans le panier commun dédié au projet, sous gestion fiduciaire de UNFPA. Par la même occasion, la Banque mondiale, elle, annonçait un décaissement de 100 millions USD dont 75 millions destinés à ces opérations de recensement. La Banque africaine de développement (BAD) avait, de son côté, promis 50 millions USD dont 30 millions pour le renforcement des capacités des agents, tandis que l’UNICEF et l’UNFPA vont ensemble contribuer avec un total de 3 millions USD. La Côte d’Ivoire a promis d’appuyer la RDC notamment dans la logistique des opérations et dans les formations des agents.

Samyr LUKOMBO