Kinshasa : le Festival Changement de Mentalité place les violences numériques au cœur de son édition 2026

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Coupure du ruban de l'ouverture du Festival par le ministre de la Justice

Kinshasa accueille ce week-end la deuxième édition du Festival Changement de Mentalité (CDM 2026), une initiative citoyenne portée par Liko Prod qui mise sur la culture et la musique pour promouvoir des comportements responsables. Placée sous le thème de la lutte contre les violences dans les espaces numériques, cette édition réunit pendant deux jours des artistes de la scène urbaine et gospel autour d’un message de sensibilisation destiné principalement à la jeunesse congolaise.

Lors d’une conférence de presse organisée ce samedi 18 juillet, quelques heures avant le lancement du festival, des autorités et personnalités ont insisté sur la nécessité d’un usage responsable des réseaux sociaux, alors que le cyberharcèlement, les discours de haine, les fausses informations et les atteintes à la vie privée prennent de l’ampleur en République démocratique du Congo.

Président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), Christian Bosembe a estimé que la question de la mentalité est au cœur des défis de développement du pays.

« La richesse d’un pays, ce n’est pas forcément son sous-sol. La véritable richesse, c’est un peuple qui comprend et connaît son pays. Si nous traversons aujourd’hui une crise de mentalité, c’est parce que nous avons aussi une crise d’éducation, de culture et de compréhension de notre identité », a-t-il dit.

Selon lui, les réseaux sociaux ne constituent pas en eux-mêmes un danger, mais leur mauvaise utilisation représente un défi majeur.

« Les réseaux sociaux ne sont pas mauvais. Le problème, c’est l’usage qu’on en fait. Aujourd’hui, beaucoup utilisent ces plateformes sans réellement les connaître. Un téléphone peut détruire, mais il peut aussi construire. C’est pourquoi nous privilégions d’abord la sensibilisation avant la répression », a-t-il ajouté.

Le président du CSAC a également annoncé le renforcement des mécanismes d’encadrement des influenceurs et détenteurs de grandes communautés numériques, affirmant que les comptes disposant d’une importante audience devront davantage répondre de leurs publications.

Représentant le ministère de l’Économie numérique, un délégué a rappelé que le Gouvernement poursuit la vulgarisation progressive du Code du numérique afin d’amener les citoyens à mieux connaître leurs droits et leurs responsabilités sur internet.

« Nous mettons progressivement en place des mécanismes qui permettront à chaque citoyen de savoir ce qu’il peut publier, écrire ou partager, mais aussi de comprendre que des sanctions sont prévues en cas de dépassement. Le ministère ne peut pas atteindre seul toute la population ; nous avons besoin des organisations et des médias pour cette sensibilisation », a-t-il affirmé.

Présent à cette conférence en qualité d’ambassadeur de la jeunesse, Ado Yuwe a, pour sa part, appelé les jeunes Congolais à faire des réseaux sociaux un outil de cohésion nationale plutôt que de division.

« La jeunesse représente près de 78 % de la population congolaise. Nous devons utiliser les réseaux sociaux pour l’amour du pays, pour l’unité et non pour la haine. Les plateformes numériques doivent devenir des espaces où l’on promeut le patriotisme, l’entrepreneuriat et les messages qui rassemblent », a-t-il souligné.

Le Festival Changement de Mentalité 2026 propose une programmation répartie sur deux journées. La première de ce samedi 18 juillet est consacrée à la musique urbaine avec notamment Zakalara, René Lokwa, Gaz Fabilous, Junior Mpiana, Sins Ipupa, Gally, Gaz Mawete et Bill Clinton. La seconde de ce dimanche 19 juillet sera dédiée au gospel avec Michel Bakenda, David Izé, Eunice Manyanga, Faveur Mukoko, Christian Mukuna et L’Or Mbongo.