C'est l'une des révélations les plus frappantes du Live Space X animé ce jeudi soir par Stanis Bujakera Tshiamala. Interrogé sur les accusations d'opportunisme politique, Julien Paluku a livré un récit inédit sur ce qui s'est réellement passé au sein du FCC-CACH, la coalition qui a réuni pendant deux ans Joseph Kabila et Félix Tshisekedi au sommet de l'État.
« Le FCC n'était pas convaincu que le président de la République allait faire même un an », a lâché le ministre, décrivant l'ambiance qui régnait dans les réunions internes du camp Kabila. « Dans une réunion à GLM, tous les cadres du FCC disaient : nous avons la majorité, c'est nous qui avons le pouvoir », a-t-il poursuivi.
C'est alors qu'il dit avoir été le seul à lever la main pour contredire cette lecture. « J'ai dit : nous avons un président de la République qui s'appelle Félix Antoine Tshisekedi. C'est lui qui a l'impérium du pouvoir. Quand on vous dit qu'un Premier ministre peut le bloquer, ça ne passera jamais. Vous avez été président pendant dix-huit ans, quel est le Premier ministre qui vous a bloqué ? »
Une sortie qui lui a valu d'être blâmé à la sortie de la réunion par ses propres collègues. « On m'a dit : comment vous pouvez parler ainsi au président de la République ? J'ai répondu : vous êtes en train de tromper le chef. »
Sur les accusations d'opportunisme, le ministre a rejeté catégoriquement l'étiquette. Il a rappelé qu'en 2011, alors que tous les autres gouverneurs adhéraient au PPRD, il avait refusé, créant à la place son propre parti politique, le BUREC.
« J'ai créé mon parti pour défendre mes opinions au lieu de me faire phagocyter par le PPRD », a-t-il dit, citant le sort de José Makila, gouverneur de l'Équateur et lui aussi élu contre le candidat de Kabila. Selon Paluku, ce dernier « a été victime de cette rage ».
Il a également revendiqué une cohérence idéologique de longue date sur la question constitutionnelle, affirmant avoir déjà plaidé pour des réformes de l'architecture institutionnelle de la RDC lors de discussions avec l'ancien Premier ministre Muzito, bien avant que ce débat ne devienne l'enjeu politique qu'il est aujourd'hui. « Est-ce que rester républicain, c'est changer de camp ? », a-t-il conclu.