Trafic de minerais : « Si en Chine, aux Émirats on bloque les comptes, ce sera la fin de l'aventure rwandaise au Congo », Julien Paluku

Ph/actualite.cd

Interrogé ce jeudi soir sur sa responsabilité en tant que ministre du Commerce extérieur face au pillage des minerais congolais, Julien Paluku a rejeté toute mise en cause directe de son ministère, tout en annonçant une stratégie offensive visant à frapper les consommateurs finaux de l'or extrait illicitement de l'Est de la RDC.

« Ce n'est pas à nous d'arrêter ces minerais. C'est aux pays destinataires de s'interroger sur leur provenance », a-t-il affirmé, lors du Live Space X animé par Stanis Bujakera Tshiamala. Le ministre a révélé avoir conduit, après plus de six mois de négociations, un accord économique global entre la RDC et les Émirats Arabes Unis, qu'il présentera à la ratification de l'Assemblée nationale lors de la session extraordinaire prochaine à l'assemblée nationale. 

Cet accord prévoit un mécanisme de traçabilité des minerais jusqu'à leur destination finale, des Émirats constituant, selon lui, la principale porte d'entrée de l'or rwandais vers les marchés asiatiques.

Mais le ministre est allé plus loin, brandissant la menace de nouvelles sanctions américaines contre les acheteurs finaux. « Si cela continue, nous saisirons le département du Trésor pour sanctionner jusqu'aux consommateurs. Si aux Émirats, si en Chine on bloque les comptes, il n'y a plus de transaction financière, ce sera la fin de cette aventure de trente ans dans notre pays », a-t-il averti, estimant que sanctionner Kigali sans viser les entités qui absorbent l'or rwandais reviendrait à laisser le système intact.

Sur la question de l'accord stratégique RDC-États-Unis sur les minerais critiques, Julien Paluku a conditionné son efficacité au retour préalable de l'autorité de l'État dans l'Est. « Tant que le Nord-Kivu et le Sud-Kivu ne seront pas sous contrôle du gouvernement congolais, il sera difficile de contrôler ces trafics », a-t-il reconnu, rappelant que les postes-frontières stratégiques, Bunagana, Ruzizi, la petite et grande barrière, restent aux mains des forces rebelles. 

Il a conclu en affirmant que les États-Unis et la RDC travaillent conjointement à la récupération de Goma et Bukavu comme préalable à la mise en œuvre effective de cet accord.