La Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) s’oppose fermement au projet de changement de la Constitution de 2006. Réunis en Assemblée plénière extraordinaire à Kinshasa, les évêques estiment que le pays fait déjà face à des défis majeurs, notamment la guerre dans l’Est, la crise sociale et les difficultés économiques. Selon eux, ces urgences devraient constituer les priorités des autorités plutôt qu’un débat sur la révision de la loi fondamentale.
L’épiscopat considère que la campagne en faveur d’une nouvelle Constitution risque d’accentuer les tensions politiques et de fragiliser davantage la cohésion nationale. Les évêques redoutent notamment que cette initiative ne serve à remettre en cause certains acquis démocratiques et à ouvrir la voie à une prolongation du pouvoir au-delà des limites prévues par la Constitution actuelle. Ils dénoncent également les pressions exercées contre les voix critiques et mettent en garde contre toute dérive autoritaire.
Pour la CENCO, il n’existe ni nécessité, ni urgence, ni opportunité de modifier la Constitution dans le contexte actuel. Elle appelle au respect de l’ordre constitutionnel et des dispositions considérées comme intangibles, notamment celles relatives à la limitation des mandats présidentiels. Les évêques exhortent les citoyens à demeurer vigilants et à défendre pacifiquement les principes démocratiques garantis par la Constitution.
Cette position s’inscrit dans la continuité des prises de parole de la CENCO depuis plusieurs années sur les questions de gouvernance et d’alternance démocratique. Aux côtés de l’Église du Christ au Congo (ECC), elle plaide pour un dialogue national inclusif à travers un « Pacte social pour la paix », estimant que la stabilité du pays passe avant tout par la recherche du consensus, la paix et le respect des institutions républicaines.