Invité ce jeudi soir du Live Space X animé par Stanis Bujakera Tshiamala, le ministre du Commerce extérieur Julien Paluku a livré une analyse sans détour des nouvelles sanctions américaines contre la raffinerie Gasabo Gold, y voyant la confirmation définitive d'une thèse qu'il défend depuis ses années à la tête du Nord-Kivu.
L'ancien gouverneur de la province (12 ans) a d'abord rappelé que les rébellions successives, le CNDP de Laurent Nkunda, puis le M23 de Bosco Ntaganda et Sultani Makenga, ont toujours ciblé les mêmes zones stratégiques : Rubaya pour les minerais des 3T, Kishishe pour ses pyrochlores, et Walikale pour le contrôle d'Alphamine.
« La première cible a toujours été Rubaya », a-t-il martelé, soulignant que cette constance géographique ne doit rien au hasard.
Sur le fond, Julien Paluku a avancé des chiffres pour étayer sa thèse. Entre 2020 et 2024, les recettes issues de l'exploitation illicite des minerais congolais auraient atteint 1,75 milliard de dollars, selon des données publiées par des sites d'intelligence financière. Un chiffre qu'il a mis en regard avec la capacité minière réelle du Rwanda : « Le Rwanda ne pouvait même pas produire l'équivalent de dix millions de dollars par an pour les minerais qu'il suppose avoir chez lui. Comment ces minerais se sont-ils multipliés soudainement sur son sol ? » a-t-il interrogé.
Le ministre a également relevé que le rapport de l'OFAC mentionnant une escorte des Forces de défense rwandaises pour le transport de l'or congolais constitue une preuve supplémentaire de la présence militaire rwandaise sur le sol congolais, en violation directe des Accords de Washington. « Ce n'est pas seulement une guerre économique, c'est une violation des Accords de Washington que le Rwanda a pourtant signés », a-t-il affirmé.
Quant aux justifications avancées par Kigali, les FDLR, la haine tribale, la mauvaise gouvernance, Julien Paluku les a qualifiées de « motifs fallacieux », avant de conclure : « Le Département d'État, composé d'hommes qui ne sont pas politiques, conforte la thèse que nous, qu'on appelle souvent politiques, avons toujours défendue. »