L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) est en première ligne aux côtés du gouvernement de la RDC pour faire face à la menace de la maladie à virus Ebola Bundibugyo qui sévit dans l’Est de la République démocratique du Congo. L’OMS entend appuyer une riposte efficace à travers le renforcement de la surveillance, des diagnostics rapides en laboratoire ainsi que la consolidation de la confiance des communautés.
Dans ce contexte, elle a réceptionné, jeudi 28 mai 2026 à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri et épicentre de l’épidémie, 4,6 tonnes de fournitures médicales ainsi que plus de 2 000 tests médicaux RadiOne. L’agence onusienne en charge de la santé précise que cette dotation vise à renforcer les capacités de diagnostic des laboratoires dans le cadre de la riposte contre la maladie à virus Ebola Bundibugyo en Ituri.
Cette nouvelle dotation de l’OMS intervient à la veille du séjour en République démocratique du Congo du Directeur général de cette organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Selon l’agenda dévoilé par les services de l’OMS, après son arrivée dans la capitale congolaise, il se rendra également à Bunia afin de palper du doigt la réalité sur le terrain, de témoigner la solidarité de son organisation envers la RDC et d’appuyer la riposte en cours treize jours après la déclaration officielle de la 17e épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo.
Avant son arrivée, le Directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a lancé un appel urgent à un cessez-le-feu dans l’Est de la RDC, estimant que la guerre et la poursuite des violences compromettent gravement la lutte contre l’épidémie d’Ebola qui sévit dans la province de l’Ituri.
Dans une déclaration alarmante ce mercredi 27 mai, le patron de l’OMS a dénoncé l’impact des violences armées sur les efforts sanitaires déployés contre le virus Ebola Bundibugyo. Selon l’OMS, la situation est d’autant plus préoccupante qu’aucun vaccin ni traitement homologué n’existe actuellement contre cette souche du virus.
« L'Est de la République Démocratique du Congo est désormais confronté à une collision catastrophique de maladie et de conflit, l'épidémie Ebola dans la province d'Ituri dépassant la réponse. Il n'existe aucun vaccin ni traitement homologué contre le virus Ebola Bundibugyo. L'arrêt de sa transmission repose entièrement sur l'accès humanitaire, a souligné le Directeur général de l’OMS.
L'OMS explique que les affrontements en cours provoquent des déplacements massifs de populations, compliquant davantage la riposte sanitaire. Tedros Adhanom Ghebreyesus a également rendu hommage au personnel médical engagé sur le terrain malgré l’insécurité persistante.
« Les affrontements en cours provoquent des déplacements massifs de population, poussant les personnes exposées au virus à s'entasser dans des camps surpeuplés et coupant les corridors de confinement essentiels. Le personnel soignant en première ligne risque tout, tandis que les attaques contre les structures de santé rendent le suivi des cas et de leurs contacts quasi impossible », a-t-il déploré.
Face à cette situation critique, l’OMS estime qu’il sera impossible de freiner la propagation de l’épidémie sans amélioration des conditions sécuritaires. L’organisation appelle ainsi toutes les parties impliquées dans le conflit à privilégier l’urgence humanitaire.
« Nous ne pouvons pas instaurer la confiance au sein de la communauté ni isoler les malades pendant que des bombes tombent, nous exhortons toutes les parties belligérantes à convenir d'un cessez-le-feu immédiat afin de contenir cette épidémie et de permettre un accès sûr et durable aux équipes médicales. Nous demandons instamment que la survie humaine soit la priorité absolue », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus.
En date du 15 mai 2026, une épidémie d’Ebola a été confirmée dans la province de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo. L’OMS a déclaré cette épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale. Il s’agit d’une souche rare du virus pour laquelle il n’existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique.
Les conflits, les importants mouvements de population ainsi que la faiblesse du contrôle gouvernemental rendent difficiles le traçage des contacts et les efforts de riposte, tout en augmentant le risque de propagation à d’autres régions du pays et aux pays voisins. La grave situation humanitaire dans la région, où plus de 26 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, accroît davantage leur vulnérabilité. La malnutrition, les déplacements de population et la fragilité des services de santé contribuent à un risque élevé d’infection et de mortalité.
Malgré les difficultés majeures d’accès aux communautés touchées, les autorités sanitaires congolaises se montrent optimistes et affirment disposer d’une connaissance approfondie ainsi que d’une expérience avérée dans la lutte contre les épidémies d’Ebola.
Clément MUAMBA