Ebola : une mission gouvernementale à Bunia notamment pour évaluer les dispositifs de prévention à l’aéroport de Bunia avant sa réouverture et intensifier la communication communautaire

Ebola

Une mission gouvernementale se rend ce jeudi 28 mai à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, à la suite des résolutions de la réunion sectorielle présidée mercredi 27 mai par le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, consacrée à l’évaluation de la réponse nationale contre la maladie à virus Ebola, 13 jours après la déclaration officielle de la 17e épidémie.

D’après le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, cette mission vise à renforcer les actions sur le terrain, évaluer les travaux d’installation des dispositifs de prévention à l’aéroport de Bunia en vue de sa réouverture ainsi qu’à intensifier la communication communautaire. Pour l’instant, la riposte mise en place repose sur trois piliers essentiels : la sensibilisation, la prise en charge médicale et la mobilisation.

« Il y a un besoin pour nous de renforcer d’abord la communication parce que c’est aussi une question essentielle. C’est dans cet ordre-là qu’avec mon collègue de la Santé, nous nous rendrons à Bunia pour suivre de près ce qui s’est fait à la fois au niveau sanitaire mais aussi au niveau de la sensibilisation communautaire parce que nous voulons que tous les Congolais, partout où nous nous trouvons, nous soyons mobilisés dans le respect des mesures préventives, mais aussi dans le soutien au personnel médical qui se mobilise en première ligne », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya.

Pour l’instant, la maladie reste contenue dans les seules zones de santé de l’Ituri et du Nord-Kivu, en plus du cas signalé à Bukavu au Sud-Kivu, d’après le ministre de la Santé publique, Samuel Roger Kamba. Mais, l’épidémie se trouve encore dans une phase ascendante, a-t-il martelé.  

« Nous sommes encore dans cette phase ascendante où nous savons que nous allons trouver de nouveaux cas, peut-être plusieurs nouveaux cas, mais parce que nous les recherchons activement et puis parce que les gens sont plus sensibilisés, aussi bien la communauté que les professionnels de santé maintenant, ils nous signalent tous les cas. Et donc, nous sommes dans cette phase ascendante où nous communiquons sur la réalité des chiffres », a déclaré le ministre de la Santé publique.

En date du 15 mai 2026, une épidémie d’Ebola a été confirmée dans la province de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo. L’OMS a déclaré cette épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale. Il s’agit d’une souche rare du virus pour laquelle il n’existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique.

Les conflits, les importants mouvements de population ainsi que la faiblesse du contrôle gouvernemental rendent difficiles le traçage des contacts et les efforts de riposte, tout en augmentant le risque de propagation à d’autres régions du pays et aux pays voisins. La grave situation humanitaire dans la région, où plus de 26 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, accroît davantage leur vulnérabilité. La malnutrition, les déplacements de population et la fragilité des services de santé contribuent à un risque élevé d’infection et de mortalité.

Clément MUAMBA