Médecins Sans Frontières a fourni des intrants médicaux essentiels aux structures de santé locales dans plusieurs zones difficiles d’accès du territoire de Walikale, dans la province du Nord-Kivu. Cette assistance fait suite aux alertes émises par les communautés de Ntoto, Kilungu et Langira, qui signalent une augmentation des cas de diarrhée aiguë.
Les fournitures acheminées comprennent des traitements indispensables à la prise en charge de la diarrhée aiguë, notamment des sels de réhydratation orale, des antibiotiques ainsi que du matériel médical de base destiné à la réhydratation des patients.
L’acheminement de cette aide a été confronté à d’importantes contraintes logistiques. Certaines zones ciblées nécessitent entre deux et trois jours de marche à partir de Ngora, présenté comme le dernier village accessible de la région de Walikale. En raison de l’isolement et de l’état des voies d’accès, les équipes ont dû recourir au transport manuel des fournitures médicales.
Grâce à l’appui des autorités locales et à l’engagement des communautés, les intrants ont été transportés à pied durant deux jours à travers la forêt pour atteindre les centres de santé bénéficiaires. Cette collaboration a permis d’acheminer l’aide vers des zones particulièrement enclavées, où les besoins sanitaires demeurent élevés.
Les communautés concernées dépendent majoritairement de l’eau de rivière non traitée et disposent de très peu d’infrastructures d’eau, d’assainissement et d’hygiène. Cette situation accroît considérablement les risques de maladies hydriques et favorise la propagation rapide des diarrhées. Médecins Sans Frontières poursuit son appui aux structures de santé afin de répondre aux besoins des populations affectées.
Pour rappel, une alerte sanitaire a été lancée le 16 avril dernier dans le groupement de Waloa Uroba où une flambée de cas de diarrhée est observée depuis près de deux semaines. Plusieurs localités sont touchées, avec une situation particulièrement préoccupante à Mpenekalenge et Tanganika.
Les structures sanitaires de la zone éprouvent des difficultés à faire face à l’afflux de malades, notamment en raison d’un manque de médicaments, ce qui complique la prise en charge des patients alors que le nombre de cas continue d’augmenter.
Les autorités sanitaires de la zone de santé de Kibua indiquent suivre de près l’évolution de la situation. Une équipe de supervision doit être déployée sur le terrain afin d’évaluer l’ampleur de la crise, d’analyser les données disponibles et d’envisager une riposte appropriée.
Josué Mutanava, à Goma