La réplique était cinglante, et elle n'a pas tardé. Interrogé sur la posture prophétique de Ejiba Yamapia, qui affirmait mardi que son engagement en faveur du changement de Constitution était guidé par un « Ainsi dit l'Éternel », le leader de l'opposition Martin Fayulu n'a pas mâché ses mots. « Dieu n'aime pas des bêtises », a-t-il lancé, contestant fermement que l'Éternel puisse inspirer à quiconque de soutenir ce qu'il considère comme une manipulation constitutionnelle.
Pour Fayulu, le raisonnement théologique d'Ejiba Yamapia ne tient pas. Il a rappelé que l'article 217 de la Constitution, que le pasteur cite parmi ses arguments pour justifier le changement, figurait déjà dans la Constitution de 1967, bien avant les accords entre belligérants de 2002 que certains partisans du changement désignent comme l'origine du texte actuel. « Est-ce que l'Éternel a inspiré des bêtises comme ça à quelqu'un ? » a-t-il ironisé, dénonçant ce qu'il perçoit comme une instrumentalisation de la foi au service d'un agenda politique.
Le leader de Lamuka a également tenu à distinguer les pasteurs qu'il respecte de ceux qu'il accuse de vénalité. Saluant au passage le chanteur et pasteur Moïse Mbiye, qui aurait décliné une sollicitation de rejoindre le camp pro-révision, il a fustigé ceux qui, selon lui, monnaient leur caution spirituelle.
« Les pasteurs ne peuvent pas devenir des mendiants qui vont à la soupe populaire pour qu'on leur donne de l'argent », a-t-il asséné, avant d'avertir solennellement : « Ces gens-là seront frappés. »
Fayulu intervenant sur le Space organisé par Stanis Bujakera Tshiamala sur X, ex-twitter, a enfin retourné contre ses adversaires l'argument de l'évolution du monde, brandi par les partisans de la révision pour justifier la nécessité d'adapter la Constitution aux réalités de 2026. Si la modernité justifie de toucher à la loi fondamentale, pourquoi les mêmes pasteurs ne proposent-ils pas de réviser la Bible, dont certains versets datent de plusieurs millénaires ?
« Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et Mammon », a-t-il conclu, citant les Écritures pour mieux renvoyer ses contradicteurs à leurs propres contradictions.