Christian Mwando : «aller vers un processus de référendum pendant cette période, c’est consacrer la balkanisation de notre pays»

Ph. ACTAULITE.CD

Le député national et le groupe parlementaire “Ensemble” qu’il dirige  ont claqué la porte de l’Assemblée nationale en boycottant l’examen et l’adoption de la proposition de loi sur l’organisation du référendum en République démocratique du Congo, ce mercredi. Mwando a aussitôt rejoint une réunion de crise des leaders de l’opposition, qui s'est tenue au siège de l'ECIDé, parti politique de Martin Fayulu. 

Au milieu d’une foule des militants, l’élu de Moba (Tanganyika), Christian Mwando, a mis en garde contre un processus de référendum qui exclurait automatiquement les populations de l’Est de la RDC, qui sont sous contrôle de l’AFC/M23), exprimant sa crainte sur la «balkanisation légitime» du pays. 

« Nous sommes solidaires avec les populations à l'Est de la RDC, parce que nous considérons qu’aller vers un processus de référendum pendant cette période, c’est consacrer la balkanisation de notre pays, et ça nous ne pouvons l’admettre. Parce que si le référendum est fait, notamment, sans une partie de notre population qui se trouve dans l’est, sous occupation de rebelles, cela va amener notre pays à une balkanisation qui sera légitime», a-t-il interpellé. 

L’ancien ministre soutient que la proposition de loi référendaire vise à contourner certaines matières comprises dans l’article 219 et 220, qui interdisent respectivement la révision de la Constitution pendant l’état de guerre, l’état de siège et l’état d'urgence, ainsi que la révision constitutionnelle, la forme républicaine de l'État, le principe du suffrage universel, la forme représentative du Gouvernement, le nombre et la durée des mandats du président de la République, l'indépendance du pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et syndical. 

Le député Mwando Simba qualifie par ailleurs ladite proposition de loi de «ruse», d’autant plus qu’elle fixe, par des mesures exceptionnelles, la modification de l’article 220, qui est une des dispositions verrouillées de la Constitution du 18 février 2006.

Lors de la lecture de la Déclaration du groupe parlementaire de Ensemble, le seul qui représente l’opposition à l’Assemblée nationale, il a été dénoncé le forcing du pouvoir alors qu’une partie du pays est occupée par la rébellion de l’AFC/M23 soutenue par le Rwanda, mais aussi l’état de siège étant en vigueur sur une partie du territoire nationale. Les opposants dénoncent une initiative « suicidaire pour l’unité du pays » visant à prolonger le mandat de l’actuel chef de l’Etat.

Le groupe parlementaire  a en outre« demandé au président de la République, en sa qualité de garant de la Constitution, d’arrêter ces initiatives qui tendent à légitimer la rébellion » dans la partie Est de notre pays et « appelle le peuple congolais à s’opposer à ce projet macabre et dangereux pour la survie de la nation ».

Samyr LUKOMBO