Alors qu’il se considère comme partisan de la non-fermeture des frontières, conformément au Règlement sanitaire international, le gouvernement de la République démocratique du Congo, à travers le ministère des Transports, Voies de communication et Désenclavement, a décidé de fermer l’espace aérien de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, en le réservant uniquement aux vols sanitaires et humanitaires dans cette partie du pays. À ce sujet, le ministre de la Santé publique de la RDC a apporté des précisions sur la situation de l’aéroport de Bunia, à la suite des restrictions mises en place dans un contexte de surveillance sanitaire renforcée liée à l’épidémie d’Ebola.
S’exprimant sur la question mardi 26 mai 2026, lors d’un briefing conjoint avec son collègue de la Communication et porte-parole du gouvernement, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, a tenu à clarifier que la fermeture partielle de l’infrastructure ne constitue pas une fermeture totale des frontières, mais plutôt une mesure de contrôle sanitaire ciblée. Il a également indiqué que cette mesure sera incessamment levée afin de permettre un retour à la normale au sein de cette infrastructure.
"L'aéroport de Bunia est un aéroport qui est en travaux et donc il fallait qu'on s'assure vraiment du circuit de notre programme national d'hygiène (PNHF) aux frontières pour le circuit des personnes qui arrivent et le circuit des personnes qui sortent pour qu'on soit sûre que toutes les mesures de sécurité sont prises, c'est pour ça que momentanément on a décidé qu'on garde les vols humanitaires et qu'on arrête les vols civils mais c'est une chose qu'on va relever très rapidement", a rassuré le Ministre de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance sociale Samuel Roger Kamba.
Il y a près d’une semaine déjà, le ministère congolais des Transports, Voies de communication et Désenclavement avait publié un communiqué officiel suspendant tous les vols à destination et en provenance de l’aéroport de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, et ce jusqu’à nouvel ordre. Aucun aéronef n’était autorisé à atterrir ni à décoller. Les vols commerciaux, privés et spéciaux étaient tous concernés. Quant aux vols humanitaires, sanitaires ou d’urgence, ils ne pouvaient être autorisés qu’après une approbation spéciale des autorités aéronautiques et sanitaires.
Dans un avis public publié le même jour, Uganda Airlines avait également annoncé la suspension de tous ses vols à destination et en provenance de Kinshasa, à compter du 23 mai 2026 et jusqu’à nouvel ordre. La compagnie évoquait « les récents développements liés à Ebola dans la région » et précisait que cette décision avait été prise « par mesure de précaution dans l’intérêt de la santé, de la sécurité et du bien-être des passagers, des équipages et du grand public ». Aucune des deux décisions ne précisait une date de levée des mesures.
Cette décision de fermeture de l’aéroport de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, avait suscité plusieurs inquiétudes dans les milieux économiques et humanitaires. La ville constitue en effet un important carrefour logistique dans l’Est de la RDC, d’autant plus que la ville de Goma, occupée par la rébellion de l’AFC/M23 soutenue par le Rwanda, est pratiquement coupée du reste du monde depuis plus d’une année déjà.
La crainte était notamment que la suspension des vols complique les déplacements des organisations humanitaires, l’approvisionnement de certaines zones ainsi que les activités commerciales dans cette partie du pays, riche en matières premières telles que l’or et d’autres minerais. Cette province est également placée sous état de siège en raison de l’activisme des groupes armés locaux et étrangers.
Clément MUAMBA