La Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) a pris une part, mercredi 29 avril, à la journée de réflexion autour des réformes électorales, organisée par la Commission Justice, Paix et Sauvegarde de la Création de l’Église du Christ au Congo (ECC).
Cette rencontre, qui a réuni autour d’une même table des acteurs institutionnels, des experts du secteur et des membres de la société civile, avait pour objectif de mettre en place un cadre interactif entre ces différentes parties autour des réformes électorales, en prélude aux prochaines élections prévues en 2028. Elle a également permis d’analyser les réformes électorales et de proposer des améliorations à la loi électorale pour les prochains scrutins. Députés, sénateurs et membres de la société civile y ont participé.
Les interventions ont porté sur l’analyse des enjeux sociopolitiques et sécuritaires liés à la mise en œuvre du processus électoral de 2028, l’exposé de la proposition de loi du sénateur Norbert Basengezi, ainsi que la présentation des dix propositions prioritaires de la société civile. Intervenant au nom du président Denis Kadima, empêché, Didi Manara Linga, deuxième vice-président de la CENI, accompagné de Roger Bimwala, membre de la plénière, et des experts de l’institution, a salué l’initiative de l’Église, précisant que la CENI reste ouverte à tout échange lié aux élections.
" La CENI est prête à répondre à toutes les invitations qui concernent les élections. Nous avons touché tous les points essentiels sur le processus électoral sur les différentes réformes à y apporter pour corriger les faiblesses et renforcer les forces qui ont été constatées lors de quatre derniers cycles électoraux. Nous sommes en train d'aller vers une convergence des vues et nous pensons que chemin faisant, la République pouvait avoir cette fois-ci des bonnes lois : la loi électorale pour que nous ayons les institutions citoyennes et responsables ", a déclaré Didi Manara, deuxième vice-président de la CENI.
Didi Manara, représentant de la centrale électorale, a tenu à établir la différence entre la feuille de route et le calendrier électoral. En dépit des retards constatés dans sa mise en œuvre, il a réaffirmé la volonté de son institution de la mettre en œuvre, si le gouvernement joue pleinement son rôle.
" Il existe une différence claire entre la Feuille de route et le calendrier électoral. La Feuille de route n'est qu'un tableau de bord qui montre la voie pour que nous ayons ces élections. Nous avons publié cette feuille de route le 4 avril 2025, ça fait aujourd'hui un an et 25 jours, nous pensons que la vision reste la même pour l'Organisation de ces élections bien que certains délais sont déjà largement dépassés mais nous pensons que la République fera un effort, comme la CENI est appelée à respecter le délai constitutionnel pour l'Organisation de ces élections, nous ne sommes que sur celà, nous ne sommes qu'un organe technique de l'État ", a fait savoir Didi Manara.
Une session interactive a permis un échange direct entre les panélistes et l’assistance, qui a soulevé des préoccupations concrètes. Plusieurs recommandations ont été formulées afin d’améliorer la loi électorale en vigueur, dans le but de promouvoir l’inclusivité et la transparence lors des prochains cycles électoraux.
Parmi les intervenants à ces assises figuraient Delly Sesanga, député national honoraire et ancien président de la Commission PAJ de l’Assemblée nationale, le professeur Ferdinand Kapanga, Norbert Basengezi, deuxième vice-président du Sénat, ainsi que des représentants d’Ebuteli et de la Dynamique nationale des femmes candidates (DYNAFEC), entre autres participants. À l’ordre du jour de la prochaine rencontre figurent également les initiatives du député national Mandefu Meschack.
Il sied de noter que ce débat intervient à deux ans du prochain cycle électoral, prévu par la Constitution en 2028, et dans un contexte de guerre d’agression rwandaise menée par la rébellion de l’AFC/M23. Dans ce climat, la question électorale et les réformes y afférentes semblent reléguées au second plan dans l’environnement sociopolitique congolais.
Clément Muamba