RDC: le manque de base de données centralisée des renseignements freine les opération sécuritaires y compris les achats d’armes, selon un rapport de l’Assemblée nationale 

Photo droits tiers
Photo droits tiers

L’absence d’une base de coordination, liée à l’inexistence d’une base de données électronique centralisée des renseignements, impacte négativement la coordination en matière d’achat d’armes, a révélé le ministre des Finances, Doudou Fwamba, lors de son audition devant la Commission Défense et sécurité de l’Assemblée nationale.

Selon le rapport adopté par la chambre basse du Parlement et consulté mercredi 29 avril consulté par ACTUALITE.CD, des instructions ont été données par le chef de l’État, Félix Tshisekedi, pour y remédier, tout en respectant la chaîne de commandement logistique de l’armée congolaise.

"Concernant la coordination en matière d'achat d'armes, cette question demeure, à ce jour, une problématique non encore résolue. Toutefois, le Ministre espère que les dernières résolutions prises par le Conseil supérieur de la Défense permettront d'y remédier; Ce manque de coordination est notamment dû à l'absence d'une base de données électronique centralisée des renseignements", a dit le ministre des Finances, Doudou Fwamba cité dans le rapport de la Commission Défense et Sécurité de l'Assemblée nationale.

Le rapport ajoute que “le Président de la République avait instruit le gouvernement de centraliser les commandes de matériels et d'équipements militaires à travers un seul centre, tout en respectant la chaîne de commandement logistique de l'armée afin d'assurer une meilleure coordination”.

Quant aux arriérés des soldes militaires, le ministre a indiqué à la commission que cette situation résulte des opérations de déploiement et de redéploiement des troupes d’une zone à une autre, notamment le cas des militaires de Goma redéployés vers le Sud-Kivu.

Concernant la prise en charge des militaires rescapés et des familles des militaires décédés, il a assuré que tous les survivants ayant combattu au front, dont les noms ont été préalablement enregistrés, seront également pris en charge. Le ministre des Finances a toutefois précisé qu’une difficulté majeure réside dans la pluralité des unions conjugales contractées par certains militaires.

S’agissant de la traçabilité des fonds, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a fait savoir que le rôle de son ministère consiste à mettre les fonds à la disposition des bénéficiaires. À cet effet, le président de la République a instruit le gouvernement de procéder à la digitalisation de la paie des hommes en uniforme, comme cela se fait ailleurs.

L'adoption de ce rapport par les députés nationaux intervient dans un contexte où la partie Est de la République démocratique du Congo continue d’être en proie à une insécurité chronique et à une situation humanitaire catastrophique, caractérisée par une dégradation persistante au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri. Malgré les pourparlers diplomatiques, notamment les processus de Washington et de Doha, appuyés par l’Union africaine, ainsi que les opérations militaires conjointes FARDC–UPDF, les violences ne faiblissent pas, exacerbant la crise humanitaire à la suite des affrontements entre les forces gouvernementales et la rébellion de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), soutenue par le Rwanda. D’autres groupes armés, tels que l’ADF et la CODECO, restent actifs, causant des morts, des déplacements massifs de populations, des enlèvements et des destructions.

Fruit d’un travail rigoureux, selon les élus membres de cette Commission, ce rapport constitue un outil stratégique de premier plan. Ils affirment qu’il servira de base d’analyse pour les questions de défense et de sécurité sur l’ensemble du territoire national, tout en permettant aux élus de porter un jugement éclairé et objectif sur ces enjeux fondamentaux pour la stabilité et la souveraineté de la République.

Clément MUAMBA