Journée nationale de l’enseignement : la RDC mise sur l’éducation comme levier "stratégique" de développement 

La Première ministre Judith Suminwa dans une salle de classe
La Première ministre Judith Suminwa dans une salle de classe

La RDC célèbre, ce 30 avril, la journée nationale de l’enseignement. Une occasion, selon le gouvernement dirigé par Judith Suminwa, de réaffirmer la conviction selon laquelle l’éducation est le socle du développement du pays. Cette année, ladite célébration s’inscrit « dans un contexte marqué par des réformes majeures visant à renforcer l’accès et la qualité de l’éducation », selon la Primature. 

Avec une population estimée à plus de 100 millions d’habitants, dont près de 60% ont moins de 25 ans, la RDC considère l’enseignement comme « un levier stratégique pour son développement ». La gratuité de l’enseignement primaire a transformé le paysage éducatif congolais. D’après les données du ministère de l’Éducation, « plus de 20 millions d’élèves sont aujourd’hui inscrits à l’école primaire, contre environ 12 millions avant la réforme. Une progression qui, selon le gouvernement, illustre l’impact direct de cette politique sur l’accès à l’éducation.

Des mesures pour consolider la gratuité de l’enseignement de base

Le gouvernement dit avoir pris l’engagement de joindre à la gratuité de l’enseignement de base l’amélioration des conditions d’apprentissage des élèves et les conditions de travail des enseignants. « Le secteur compte plus de 800 000 enseignants, dont une grande partie a longtemps évolué dans des conditions précaires. Des efforts entrepris ont permis d’améliorer la régularité de la paie ; d’intégrer progressivement les enseignants de nouvelles unités dans le circuit officiel de rémunération ; et de revaloriser les salaires », explique la Primature.

Par ailleurs, la question des enseignants retraités, longtemps restée en suspens, « connaît des avancées notables ». Selon le vice-premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito,  4 000 enseignants pourraient, dans un premier temps, aller à la retraite, conformément aux dispositions déjà prises à cet effet, afin de permettre une meilleure maîtrise des charges salariales et de dégager de nouvelles marges budgétaires pour le secteur.

« 43 000 enseignants seront progressivement mis à la retraite à partir de 2026, avec la programmation des indemnités de sortie prévue dans le prochain collectif budgétaire », indique la Primature.

Parallèlement, le Gouvernement prévoit la prise en charge de 3 000 enseignants supplémentaires dès ce mois d’avril, mettant ainsi fin à une situation de non-paiement qui pesait sur une partie du personnel éducatif. « Dans le cadre du collectif budgétaire que je présenterai au mois de mai au Parlement, nous disposerons de 16 milliards de dollars en ressources propres. Cela permettra notamment de prendre en charge 3 000 enseignants supplémentaires », avait déclaré Adolphe Muzito lors du lancement du Segment politique de haut niveau consacré au financement durable de l’éducation.

Défis persistants et perspectives 

Malgré ces avancées, des défis subsistent, notamment en matière d’infrastructures scolaires, de ratio élèves-enseignant, souvent supérieur à 50 élèves par classe dans certaines zones, et de qualité de l’enseignement. Un défi que le Gouvernement dit compter relever à travers, notamment, des initiatives comme le Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145 T), qui finance la construction d’écoles sur le territoire national.

En ce 30 avril, la nation rend hommage aux professionnels de la craie, véritables bâtisseurs de l’avenir, tout en réfléchissant à l’amélioration continue d’un système éducatif moteur de transformation intégrale de la jeunesse.