À l’initiative de la Commission Justice, Paix et Sauvegarde de la Création de l'Église du Christ au Congo (ECC), une journée de réflexion a été organisée mercredi 29 avril, à Kinshasa, autour des réformes électorales en prélude au prochain cycle électoral prévu dans deux ans, soit en 2028.
Au menu de cette rencontre figuraient des discussions sur l’initiative de réforme de la loi électorale, initiée et déposée par l’actuel deuxième vice-président du Sénat, Norbert Basengezi. L’objectif poursuivi était d’offrir un cadre interactif où mettre ensemble les initiatives institutionnelles et citoyennes issues des recommandations formulées par la société civile après les dernières élections, en vue d’aboutir à un compromis permettant de garantir la bonne tenue des prochaines élections, de réduire les contestations et d’apaiser le climat politique.
" Il était important de trouver dans quelle mesure offrir ce cadre interactif où les initiatives institutionnelles peuvent entrer en discussion avec les initiatives citoyennes. Et j'avoue que ceci nous a donné une belle image de la dynamique dialogique de notre pays, parce qu'aujourd'hui, la question électorale reste cruciale pour l'avenir de notre pays. Et donc, nous avons aussi bénéficié du concours de la CENI qui a été vraiment important. En avant-garde de l'activité, elle a eu l'occasion de faire écho et sa lecture sur les éléments et les initiatives proposées par Norbert Basengezi mais en même temps, elle a profité de parler de son rapport qui a été établi à l'issue des élections de 2023 ", a déclaré le révérend Éric Nsenga, Secrétaire général de l'ECC
Et d'ajouter :
" Nous sortons d'ici avec beaucoup de résolutions et la plus importante, c'est que nous avons maintenu ce cadre comme étant des lieux où les citoyens et les animateurs institutionnels vont continuer à interagir sur la question des réformes électorales et bien entendu du processus lui-même dans son ensemble ".
À la question de savoir ce qui devrait être fait pour obtenir de bonnes solutions en 2028, au regard des discussions qui viennent d’avoir lieu, Éric Nsenga note que la feuille de route de la CENI, déjà publiée, accuse un retard dans sa mise en œuvre. D’où la nécessité de mettre ensemble toutes les synergies afin d’accélérer le consensus autour des questions électorales.
" Déjà, il faut avouer que nous sommes en dépassement par rapport à la feuille de route présentée par la CENI, parce qu'il y a des activités qui devraient commencer depuis l'année passée. Jusque-là, elles sont confrontées par plusieurs réalités, entre autres réalités sécuritaires, mais aussi réalités financières, parce qu'il faut financer ces activités. Et donc, pour l'Église, il est d'abord prioritaire d'avoir un cadre, un cadre de discussion, d'échange citoyen, parce que s'il n'y a pas de cadre, chacun va rester dans son coin, il n'y aura pas de compréhension, il n'y aura pas d'entente, et finalement, nous allons continuer à nous tirer les uns sur les autres. L'Église a estimé nécessaire d'offrir un cadre qui serait pour nous une structure communicationnelle, et dans la même logique, ce cadre permettra à la dynamique de la société civile d'accompagner la réflexion au niveau du processus institutionnel ", a fait savoir Éric Nsenga.
Selon lui, il faudra également trouver un terrain d’entente entre ceux qui soutiennent la tenue d’un dialogue national, où la question électorale serait abordée, et ceux qui prônent l’organisation des États généraux des élections.
" Mais il faut noter qu'il est parmi les résolutions qui ont été faites, qui ont été proposées, et une grande question revient. Faut-il avoir les états généraux des élections dans notre pays, ou un dialogue national inclusif qui incluerait la question du processus électoral ? Parce que les participants se sont rendus à l'évidence que les élections ont deux dimensions. Il y a la dimension technique, il y a aussi la dimension politique, et ici c'est essentiellement une réflexion technique, et même si les décideurs politiques vont se retrouver, ce que nous souhaitons, bien entendu, dans un bref délai, mais qu'il y ait déjà une réflexion technique qui a commencé avec les experts électoraux, les scientifiques, les missions d'observation électorale et la CENI elle-même ", a-t-il fait savoir devant la presse
Parmi les intervenants à ces assises figuraient Delly Sesanga, député national honoraire et ancien président de la Commission PAJ de l’Assemblée nationale, le professeur Ferdinand Kapanga, Norbert Basengezi, deuxième vice-président du Sénat,Ebuteli et la représentante de la Dynamique nationale des femmes candidates (DYNAFEC), ainsi que d’autres participants. À l'ordre du jour de la prochaine rencontre, les initiatives du député national Mandefu Meschack
Il sied de noter que ce débat intervient à deux ans du prochain cycle électoral, prévu par la Constitution en 2028, et dans un contexte de guerre d’agression rwandaise menée par la rébellion de l’AFC/M23. Dans ce climat, la question électorale et les réformes y afférentes semblent reléguées au second plan dans l’environnement sociopolitique congolais.
Clément MUAMBA