Attaque des ADF à Mambasa : Mukwege fustige le silence du monde face des atrocités « proches du génocide » 

Denis Mukwege
Denis Mukwege

Le célèbre gynécologue et prix Nobel de la paix en 2018, Denis Mukwege, se dit horrifié d'apprendre un nouveau massacre à grande échelle commis contre des populations civiles dans la nuit du mercredi 1er au jeudi 2 avril, dans la province de l’Ituri, par des terroristes des ADF, ce groupe armé originaire d’Ouganda et affilié à l’organisation État islamique qui, selon lui, a déjà revendiqué plusieurs attaques, notamment dans des lieux de culte, depuis plusieurs années.

Dans une déclaration faite vendredi 3 avril, l'ancien candidat à la présidence de la République déplore que, chaque jour, des femmes, des hommes et des enfants congolais soient victimes d'actes barbares et ignobles dans les provinces de l'Ituri et du Kivu. Selon le Docteur Dénis Mukwege, des corps humains sont retrouvés mutilés, décapités, tués comme des mouches par les groupes armés, notamment les éléments de la CODECO et des ADF.

"Ces exactions d'une violence extrême à caractère terroriste passent dans l'actualité. comme de simples faits divers, signe alarmant d'une Nation plongée dans une dissociation collective et une crise morale profonde, où notre société banalise le mal sans apporter de solutions face à l'impératif de protection et de sécurité de nos compatriotes. Au moins 43 personnes auraient été massacrées suite à des attaques lancées dans le territoire de Mambasa, à l'Ouest de Bunia. Ce bilan macabre risque encore de s'alourdir car de nombreuses personnes ont été enlevées ou ont disparu", a dénoncé le prix Nobel de la paix Denis Mukwege.

Pour le prix Nobel de la paix, sous d'autres cieux, de tels drames humains provoqueraient un séisme politique et moral, entraînant un examen de conscience collectif et des changements structurels profonds.

"La Nation congolaise et le reste du monde ne peuvent continuer de fermer les yeux et de garder le silence lorsque nos compatriotes en Ituri et dans le Grand Nord du Kivu sont confrontés chaque jour à des atrocités qui défient l'imagination, et qui pourraient s'apparenter à des actes de génocide. Il est temps de recouvrer notre humanité, de sortir de l'indifférence, de ne plus accepter l'inacceptable et de restaurer la sécurité et l'état de droit dans les Provinces en conflit dans la partie orientale de la RDC", a souligné Denis Mukwege.

Face à la répétition des attaques et des tueries à Mambasa, l’opinion publique s’interroge sur l’efficacité des réponses sécuritaires dans une région où l’urgence de protéger les civils demeure prioritaire. En mars dernier, des attaques des ADF, notamment dans la mine de Muchacha, ont fait plusieurs dizaines de morts et causé d’énormes dégâts matériels, en dépit des opérations militaires conjointes menées par les FARDC et l’armée ougandaise.

La RDC reste secouée par les attaques terroristes des Forces démocratiques alliées (ADF) dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, précisément dans les territoires de Beni, Lubero, Irumu et Mambasa. Ces islamistes, qui ont fait allégeance à l’État islamique (EI), tuent des civils depuis plus de dix ans, et la violence ne faiblit pas en dépit des opérations conjointes des armées congolaise et ougandaise menées depuis mai 2021.

Clément MUAMBA