Le prévenu Nathanaël Onokomba, jeune opposant, poursuivi pour apologie des atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation, des actes de terrorisme, des crimes de génocide, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité par la justice militaire, a de nouveau comparu vendredi 3 avril, devant le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe à l’ouverture des plaidoiries.
D’après sa défense, l’audience s’est basée sur des questions de forme. Outre la demande de liberté provisoire à laquelle le Tribunal militaire va devoir répondre vendredi 10 avril prochain, par un jugement avant-dire droit, les avocats de Nathanaël Onokomba ont, par ailleurs, soulevé deux observations. Ils ont d’abord démontré l’incompétence du Tribunal militaire de garnison à juger un civil non armé, lequel n'a émis que ses opinions «sur la marche du pays».
En outre, la défense de Onokomba a évoqué la « caducité» de tous les actes par le Conseil National de Cyberdéfense (CNC) qui, d’après elle, « détourne sa mission règlementaire en s'érigeant en outil de répression».
Elle insiste sur la liberté provisoire de son client, «dont la fuite n’est pas à craindre et dont la place n’est pas à Ndolo( prison militaire de Kinshasa) mais auprès des siens qui l’attendent à la maison».
La cour militaire reproche à Nathanaël Onokomba d'avoir tenu des propos qui nient et minimisent l’existence de la guerre et des actes constitutifs des crimes de guerre perpétrés par les rebelles de l’AFC/M23 soutenus par le Rwanda, dans les Nord et Sud-Kivu, dans l’Est de la RDC.
Natif du district de la Tshangu, à l’Est de Kinshasa, Nathanaël Onokomba Shako a été arrêté en décembre dernier à l’issue d’une conférence à laquelle il prenait part dans la commune de Ngaliema. Il était d’abord détenu par le conseil national de Cyber défense (CNC), avant d’être transféré à la prison de Ndolo, en janvier.
Samyr LUKOMBO