La République démocratique du Congo s’apprête à assurer la présidence du Conseil de sécurité des Nations unies au mois de juillet 2026, dans le cadre de la rotation mensuelle prévue pour les membres de l’organe onusien. La RDC exercera cette présidence après la Colombie en juin et avant le Danemark en août, conformément à l’ordre alphabétique anglais des États membres. Les trois pays étant élus membres non permanents pour le mandat 2026-2027.
Ainsi, la République démocratique du Congo entend dévoiler dans les prochains jours son agenda et ses priorités tout au long de sa présidence. La cheffe de la diplomatie congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, l’a fait savoir lors d’une rencontre, ce mercredi 25 mars 2026 à Kinshasa, avec le corps diplomatique accrédité à Kinshasa.
"Dans les prochaines semaines, nous partagerons avec vous les activités prévues par la République Démocratique du Congo dans le cadre de la Présidence de ce Conseil le long du mois que nous allons présider le Conseil. Nous prévoyons un événement de haut niveau mais aussi d'autres activités pour marquer notre présidence au sein de ce Conseil et aussi attirer l'attention des uns et des autres sur les priorités que nous avons identifiées pour notre mandat à savoir : les questions de femme, paix et sécurité ; jeunesse, paix et sécurité ; environnement, ressources naturelles et paix ; réforme des opérations de maintien de la paix de l'ONU; et justice transitionnelle. Ce mois de juillet sera l’occasion de mettre en exergue certaines de ces thématiques dans différents formats prévus par le Conseil", a annoncé Thérèse Kayikwamba Wagner.
Dans son exposé, Mme Kayikwamba a également abordé des questions multilatérales, au-delà du seul cadre de la RDC. Selon elle, son pays y accorde une attention particulière au sein du Conseil de sécurité des Nations unies.
"Depuis le 1er janvier, nous siégeons au Conseil de sécurité. L’année a commencé de manière assez turbulente et bouleversée dans plusieurs régions du monde. Nous suivons avec une préoccupation particulière l’évolution de la situation dans plusieurs sous-régions : le Golf et le Moyen-Orient au sens large, mais aussi le continent africain, notamment le Soudan et la Corne de l’Afrique. En Europe, le conflit entre l’Ukraine et la Russie retient également notre attention, un conflit qui dure presque aussi longtemps que le nôtre et avec lequel nous pouvons établir certains parallèles que nous tirons entre les deux situations. Nous suivons l'évolution de ces situations à travers l’agenda du Conseil de sécurité, ainsi que d’autres crises émergentes", a-t-elle ajouté.
Forte d’une expérience marquée par des conflits prolongés, des processus de stabilisation complexes et des efforts continus de reconstruction, la RDC entend apporter « une contribution utile, lucide et responsable » aux travaux du Conseil, a déclaré la vice-ministre. Elle a inscrit cet engagement dans la continuité de la participation active du pays au multilatéralisme, notamment au sein du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine et de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).
En siégeant au Conseil de sécurité pour la période 2026-2027, la RDC assume, selon le gouvernement un « triple engagement » envers son peuple, envers l’Afrique et envers la communauté internationale, et exercera son mandat « avec sens de responsabilité, esprit de dialogue et fidélité à la Charte des Nations unies ». Lors de la cérémonie d'installation, la vice-ministre des Affaires étrangères Noëlla Ayeganato avait enfin réaffirmé la disponibilité de la RDC à travailler avec l’ensemble des membres du Conseil afin de promouvoir la prévention des conflits et la recherche de solutions durables au service de la paix et de la sécurité internationales.
Clément MUAMBA