Est de la RDC: Félix Tshisekedi et Yoweri Museveni évaluent l’opération Shujaa face à la recrudescence des attaques des ADF

Félix Tshisekedi et Yoweri Museveni à Kampala
Félix Tshisekedi et Yoweri Museveni à Kampala

La question entourant l’opération Shujaa, qui consiste en une offensive militaire en cours menée par les forces armées congolaises et ougandaises contre les insurgés dans les provinces du Kivu et de l’Ituri,  principalement des groupes affiliés à l’État islamique et aux Forces démocratiques alliées,  a fait l’objet d’une discussion prioritaire entre Félix Tshisekedi et son homologue ougandais, Yoweri Kaguta Museveni, lors de leur entretien le lundi 11 mai 2026 à Kampala, en Ouganda.

Lancée en novembre 2021, cette opération militaire conjointe continue, près de cinq ans après son démarrage, de susciter des réactions et des interrogations quant à son efficacité, dans un contexte où les Forces démocratiques alliées poursuivent leurs attaques meurtrières, provoquant d’importantes pertes humaines et étendant progressivement leurs zones d’influence dans cette partie du pays. Dans le même temps, ces groupes armés sont également accusés de recourir aux viols de femmes, d’utiliser des mineurs dans leurs activités et d’ériger des barrières illégales afin de percevoir des taxes dans les zones sous leur contrôle.

Si Félix Tshisekedi n’a pas donné davantage de détails sur l’évaluation de cette opération militaire conjointe, il a néanmoins salué la qualité des échanges qu’il a eus avec son homologue ougandais à ce sujet, tout en réaffirmant sa volonté de privilégier la sécurité et la stabilité dans la région des Grands Lacs, en particulier dans les zones où les deux armées collaborent étroitement.

"Je voudrais aussi vous remercier pour le contenu des discussions que nous avons eues aujourd’hui. Elles nous ont permis de faire l'évaluation de la collaboration entre nos deux armées parce que vous savez très bien que nous accordons une importance particulière à la sécurité et à la stabilité dans toute la région des Grands Lacs, et plus particulièrement dans cette zone où nos forces de défense et de sécurité travaillent conjointement ", a déclaré Félix Tshisekedi lors de sa prise de parole. 

Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par une série de massacres de populations civiles attribués aux rebelles terroristes des Forces démocratiques alliées, qui continuent de semer la désolation parmi les habitants malgré les opérations militaires conjointes menées par les Forces armées de la République démocratique du Congo et les forces ougandaises, l’Uganda People’s Defence Force.

Cette situation aggrave davantage la crise humanitaire dans cette partie de la RDC et provoque des déplacements massifs de populations. La persistance des violences, malgré l’état de siège en vigueur depuis cinq ans et l’opération militaire conjointe, ne cesse d’éroder la confiance des populations envers les autorités, certaines ayant le sentiment d’être abandonnées par leurs dirigeants.

Dans les territoires de Beni, dans la province du Nord-Kivu, ainsi qu’à Mambasa et dans d’autres localités de l’Ituri,  des zones désormais considérées comme "rouges " et au cœur de la menace des Forces démocratiques alliées,  de nouvelles attaques meurtrières ont été signalées ces derniers jours, malgré la présence des Forces armées de la République démocratique du Congo et de l’Uganda People’s Defence Force dans plusieurs zones opérationnelles.

Une situation qui n’a pas laissé indifférente la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo, laquelle est montée au créneau samedi 9 mai 2026  pour condamner ces violences avec la plus grande fermeté et réitérer son appel à tous les acteurs afin qu’ils cessent immédiatement les attaques contre les civils et agissent dans le strict respect du droit international applicable.

Rappelons-le, le général d'armée Muhoozi Kainerugaba, fils de Yoweri Kaguta Museveni et chef d'État-major général de l'armée ougandaise et le lieutenant général Jules Banza Mwilambwe, chef d'État-major des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ont signé, vendredi 20 juin 2025, à Kinshasa, le mémorandum d'entente révisé sur les opérations conjointes Shujaa contre les terroristes ADF-MTM. 

Selon le général major et porte-parole des FARDC, Sylvain Ekenge, le nouveau mémorandum d'entente réactualisé en fonction de l'évolution actuelle de la situation sur le terrain prévoit le renforcement des opérations contre les ADF sur le terrain et leur élargissement dans les territoires de Mambasa en Ituri. Ces opérations conjointes seront également étendues contre les groupes armés auteurs de l'insécurité dans la province de l'Ituri plus particulièrement dans les territoires de Djugu, Irumu, Mahagi et Aru. Pour appuyer ces opérations, il a été décidé du maintien de l'équipe conjointe des renseignements. L'autre point inscrit dans le nouveau document est la sécurisation conjointe des travaux de réhabilitation de la route Kasindi - Beni - Butembo.

Précédemment accusées d'avoir étendu leur zone d'activités et d’influence sans l'approbation des autorités compétentes de la RDC, les forces ougandaises ont désormais un champ d'action élargi pour appuyer les FARDC dans la traque des ADF-MTM et d'autres groupes armés en vue de rétablir l'ordre et la sécurité dans cette région de la RDC.

L'opération Shujaa est une offensive militaire en cours menée par la RDC et l'Ouganda contre les forces insurgées au Kivu et en Ituri, principalement des groupes affiliés à l'État islamique (EI) et aux ADF. Cette opération a été lancée deux ans après l'accession de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême, soit en novembre 2021.

Clément MUAMBA