L’hôpital général de référence de Rutshuru ajuste ses tarifs après le retrait du soutien de l’Union Européenne

Bâtiment de l'hôpital général de référence de Rutshuru au Nord-Kivu/Ph Jonathan Kombi ACTUALITE.CD

L’hôpital général de référence de Rutshuru, dans la province du Nord-Kivu, a procédé au réajustement du tarif de certains de ses services afin de faire face aux difficultés financières consécutives au retrait d’un partenaire important. La nouvelle tarification est entrée en vigueur le lundi 9 mars.

Selon la direction de cette structure sanitaire, cette décision intervient après la fin de l’appui de l’Union Européenne, qui prenait en charge une partie des factures liées aux soins des patients. Cet appui s’est arrêté depuis le 30 novembre 2025, laissant l’hôpital confronté à plusieurs charges financières, notamment l’achat des médicaments et autres intrants médicaux.

Le médecin directeur de l’hôpital, le Dr Claude Bakunzi, explique que cette mesure vise avant tout à permettre à la structure de continuer à offrir des soins de qualité malgré les contraintes budgétaires.

"Cet appui s’est arrêté depuis le 30 novembre de l’année passée. Nous nous sommes rendu compte que l’hôpital fait face à de sérieuses difficultés. Nous avons accumulé des dettes liées notamment à l’acquisition des produits pharmaceutiques. Avec toute l’équipe de la zone de santé, nous avons décidé de majorer légèrement certains tarifs afin de maintenir la qualité des soins, tout en tenant compte de la réalité du terrain", a-t-il déclaré.

Cette décision intervient dans un contexte économique particulièrement fragile dans le territoire de Rutshuru, où de nombreuses familles peinent déjà à subvenir à leurs besoins essentiels. Certains habitants redoutent que cette hausse des tarifs ne réduise l’accès aux soins pour une partie de la population.

C’est le cas de Jackson Mbula, un habitant de Kiwanja, qui craint que cette situation n’entraîne une baisse de fréquentation de l’hôpital et une augmentation des cas d’insolvabilité des malades.

"La pauvreté touche aujourd’hui la majorité des familles du territoire de Rutshuru. Beaucoup de malades pourraient hésiter à se faire soigner faute de moyens. Cela risque aussi d’entraîner des cas d’évasion des malades après les soins et d’augmenter les dettes de l’hôpital liées à l’achat des produits pharmaceutiques", estime-t-il.

Face à ces préoccupations, la direction de l’hôpital assure qu’elle continuera d’évaluer régulièrement la situation afin d’adapter les tarifs en fonction de l’évolution du contexte socio-économique.

Il convient de noter que l’organisation humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF) continue pour sa part de prendre en charge les frais des soins dans certains services de l’hôpital, contribuant ainsi à alléger la charge financière pour une partie des patients.