L’armée a fortement intensifié ses frappes aériennes et par drones contre les positions de M23 dans l’est du pays, selon une analyse publiée début mars par l’organisation de suivi des conflits ACLED.
D’après ce rapport, le mois de février a enregistré le nombre mensuel le plus élevé de frappes aériennes et de drones jamais observé en RDC dans la base de données de l’organisation.
Le 24 février, une frappe de drone de l’armée congolaise a notamment tué Willy Ngoma, porte-parole militaire du M23, ainsi que plusieurs dirigeants rebelles près de Rubaya, dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu.
Cette zone abrite une mine stratégique de coltan qui produirait environ 15 % de l’approvisionnement mondial de ce minerai. Selon les estimations des Nations unies citées par ACLED, l’exploitation de Rubaya fournirait au M23 environ 800 000 dollars de revenus mensuels.
Pour soutenir ses opérations, l’armée congolaise a accru l’usage de moyens aériens, notamment des drones chinois CH-4 et turcs TAI Anka, ainsi que des avions de chasse et des hélicoptères d’attaque. Ces opérations ont accompagné des offensives menées avec des milices alliées dites « Wazalendo » dans plusieurs zones tenues par le M23, notamment dans les territoires de Mwenga, Masisi et Fizi.
ACLED indique également que les FARDC ont bénéficié du soutien de sociétés militaires privées, dont Vectus, impliquée notamment dans des opérations liées à la taxation des revenus miniers sous la direction de l’Américain Erik Prince, ancien dirigeant de la société militaire privée Blackwater.
Malgré ces frappes, le M23 a lancé plusieurs contre-attaques à la fin du mois de février, contraignant les forces congolaises et leurs alliés à se retirer de certaines zones.
Le groupe rebelle a aussi mené plusieurs attaques de drones kamikazes visant le centre de commandement militaire de Kisangani, qui sert de base principale aux opérations aériennes des FARDC. Les premières frappes du M23 contre cette installation remontent au 31 janvier et se sont poursuivies en février et début mars.
Ces développements s’inscrivent dans une intensification du recours aux drones et à la guerre aérienne dans le conflit qui oppose l’armée congolaise au M23 dans l’est de la RDC, souligne l’organisation.