Kinshasa : le gouvernement vante l’intensification de l’opération "Ndobo" avec plus de 400 inciviques arrêtés malgré la recrudescence des actes d’insécurité

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Des Kulunas en embarcation pour Angenga

Un nouveau lot de plus de 400 inciviques, communément appelés bandits urbains "Kuluna" est tombé dans le filet de la Police nationale congolaise (PNC), dans le cadre de l’intensification de l’opération "Ndobo", initiative phare du gouvernement dans la lutte contre ce phénomène, menée dans la ville de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo et siège des institutions du pays.

Ces chiffres ont été révélés dans une note d’information du Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, lors de la 80ᵉ réunion du Conseil des ministres. Ils couvrent la période allant du 21 au 22 février 2026. Les personnes interpellées ont été déférées devant les instances judiciaires compétentes afin de répondre de leurs actes.

"Le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, a informé le Conseil de la poursuite de l’opération "Ndobo", notamment dans la ville de Kinshasa, où plus de 400 inciviques ont été appréhendés durant la période allant du 21 au 22 février 2026. Ils sont actuellement devant les instances judiciaires pour répondre de leurs actes", rapporte le compte rendu de la réunion tenue vendredi 27 février 2026 à la Cité de l'Union africaine sous la direction du Chef de l'État Félix Tshisekedi.

Cependant, a-t-il martelé, les défis restent énormes pour la Police nationale congolaise dans la restauration de l’ordre et de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national. À ce titre, souligne le Vice-Premier ministre Jacquemain Shabani, patron de la territoriale, la poursuite de l’implémentation de la loi de programmation relative à la réforme de la Police permettra de mieux équiper et former les agents, afin qu’ils puissent remplir efficacement leurs missions au service de la Nation. Le VPM a ainsi clôturé son intervention en abordant la situation aux frontières.

En dépit des chiffres dévoilés par le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, la réalité sur le terrain semble bien différente. Selon plusieurs témoignages, l’insécurité dans la ville de Kinshasa ne fait que s’accentuer, malgré l’intensification de l’opération "Ndobo", tant vantée par les autorités gouvernementales. Sur les réseaux sociaux ou dans nos environnements, les alertes se multiplient, avec des avis de recherche concernant des personnes enlevées ou kidnappées par des individus non identifiés, que ce soit dans des taxis "Ketch" ou sur certaines motos.

Face à la gravité de la situation et à la multiplication de ces témoignages, la population attend une cohérence entre les bilans présentés par les autorités et la réalité vécue sur le terrain. Beaucoup estiment que les seuls discours ne suffisent plus et craignent que l’opération "Ndobo" rejoigne le sort des précédentes initiatives, qui, dans les faits, n’ont pas permis de résoudre efficacement ce phénomène complexe.

À Kinshasa, entre peur et colère, les habitants réclament avant tout d’être protégés. Pour beaucoup, les récents cas de braquages, d’enlèvements et autres crimes illustrent une insécurité urbaine grandissante et de plus en plus inquiétante. Alors que la ville continue de s’étendre et de s’animer chaque jour, la sécurité reste un défi majeur. Les Kinois aspirent à une seule chose : pouvoir circuler, travailler et vivre en paix, sans craindre d’être les prochaines victimes.

Clément MUAMBA