Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a réaffirmé son engagement ferme en faveur du respect des droits de l’homme et de la protection de l’ensemble de sa population ainsi que de toutes les communautés.
Intervenant mardi 24 février lors du segment de haut niveau de la 61ᵉ session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies (CDH), à Genève (Suisse), la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et de la diaspora congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, a rejeté les allégations faisant état de la promotion d’une politique de discrimination à l’égard des Congolais d’origine tutsi, un argument généralement utilisé par le régime de Kigali pour justifier ses interventions dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Pour la cheffe de la diplomatie congolaise, cela ne constitue nullement la politique du gouvernement ni celle de l’État congolais. Elle a précisé que les dérapages de certains individus sont pris en charge conformément aux lois nationales et aux engagements internationaux du pays, tout en soulignant que la prétendue protection d’une communauté ne saurait en aucun cas justifier la violation du droit international ni servir de prétexte à l’occupation illégale d’une partie du territoire de la RDC.
" Les autorités poursuivent également leurs efforts pour prévenir et sanctionner tout discours de haine, dans un contexte d’instrumentalisation communautaire persistante, et des enquêtes judiciaires sont en cours pour ces faits ainsi que pour d’autres infractions liées au conflit, dans le respect des garanties procédurales. À cet effet, la RDC coopère avec la Commission d’enquête afin que les responsabilités soient établies. La RDC assume pleinement la protection de toutes ses communautés. La protection alléguée d’une communauté ne peut servir de fondement à une violation grave du droit international ni à une occupation illégale ", a fait remarquer la cheffe de la diplomatie congolaise
Toujours dans le cadre de la défense de la position de la RDC face aux accusations de Kigali, Thérèse Kayikwamba Wagner a indiqué que la RDC, en cas de différend, ne se fait pas justice elle-même, mais se conforme toujours aux différents instruments du multilatéralisme pour faire valoir sa position.
" Les États responsables s’en remettent aux instruments multilatéraux pour faire valoir leurs préoccupations ; ils ne substituent pas la violence au droit ", a souligné la cheffe de la diplomatie congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner.
Cette nouvelle mise au point du gouvernement congolais fait suite au feuilleton ayant entouré la suspension de ses fonctions du porte-parole des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), le général-major Sylvain Ekenge, accusé d’avoir tenu des propos jugés discriminatoires à l’égard des femmes de la communauté tutsi. L’État-major général des FARDC a précisé que les propos tenus par le général-major Sylvain Ekenge "ne reflètent en rien la position officielle du pays, ni celle du commandant suprême des FARDC, ni celle du Gouvernement".
Dans un communiqué, le chef d’état-major général des FARDC, le lieutenant-général Jules Banza, a condamné ces propos et réaffirmé la détermination des FARDC à défendre et à protéger, avec discipline et professionnalisme, la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays ainsi que la sécurité de tous les Congolais, sans discrimination, jusqu’au sacrifice suprême. Il a également appelé l’ensemble de la population à l’unité, à la cohésion nationale et au rejet de tout discours de haine, afin de soutenir les FARDC dans l’accomplissement de leur mission.
Les déclarations du général-major Sylvain Ekenge ont été largement relayées et exploitées par certains membres du gouvernement rwandais ainsi que par certaines autorités de la rébellion de l’AFC/M23, dans un contexte de tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali autour du respect des engagements pris dans le cadre du processus de Washington. Cette situation est perçue comme un coup porté à Kinshasa, certains y voyant une remise en cause de sa volonté d’honorer ses engagements.
Clément MUAMBA