Rappelé à Kinshasa en décembre dernier, le porte-parole des opérations Ngemba vient d’être autorisé à reprendre ses fonctions au sein de la onzième région militaire. Ses déclarations sur le phénomène Mobondo lui ont valu deux mois dans la capitale.
Le capitaine Antony Mualushayi a été entendu par la première zone de défense au sujet de ses révélations affirmant notamment « l’implication des proches du pouvoir en place derrière le phénomène Mobondo, la possession, par ces hommes armés, des cartes pour soldats, leur contact avec les troupes rebelles à l’Est de la RDC », les qualifiant de « groupe rebelle » au regard de l’intensité des violences qu’ils ont commises dans l’Ouest du pays.
À l’issue des auditions, les renseignements ont été donnés sur ces révélations. Selon des sources proches du dossier, « l’option serait levée pour l’interpellation de toutes les personnes impliquées dans la crise des Mobondo ».
Pour la communauté des victimes, « la vérité a triomphé ». Le chef du village Kimomo à Kwamouth, Stany Libie, exige l’intensification des opérations militaires dans toutes les régions encore occupées par les miliciens.
« La vérité a triomphé, le capitaine était derrière la justice. Ce qu’il avait dit était vrai, raison pour laquelle on l’a autorisé à reprendre ses fonctions. Il avait raison de dénoncer tous ceux qui étaient derrière les Mobondo. Nous encourageons l’armée à poursuivre ses opérations, à traquer les poches de résistance à Kwamouth, Bagata et à Maluku. Tous ceux qui ont soutenu les Mobondo doivent être interpellés et répondre de leurs actes », a déclaré Stany Libie, chef traditionnel à Kwamouth.
Depuis janvier dernier, une mission de pacification a été dépêchée dans les régions en proie à l’activisme de la milice Mobondo. À Kwamouth, quelques miliciens avaient déposé les armes et s’étaient rendus aux FARDC. Le ministre délégué à la Défense, en charge des anciens combattants, Eliezer Ntambwe, qui l’a conduite, s’est successivement rendu au Kwango, notamment à Popokabaka où la fin de la crise des Mobondo a été déclarée par le géniteur du mouvement. Ici, comme à Maluku, plusieurs armes ont été déposées et des miliciens rendus aux FARDC.
Jonathan Mesa