Tshisekedi est arrivé à Addis-Abeba pour le 39e sommet de l’UA:  paix et cessez-le-feu en RDC au centre des enjeux

Félix Tshisekedi descendant de l'avion présidentiel
Félix Tshisekedi descendant de l'avion présidentiel

Le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, est arrivé à Addis-Abeba pour prendre part à la 39e session ordinaire de l’Assemblée des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (UA), prévue les 14 et 15 février 2026 dans la capitale éthiopienne.

Le sommet est placé sous le thème: « Assurer une disponibilité durable de l’eau et un assainissement sûr pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 ». Il est précédé notamment par la 48e session ordinaire du Conseil exécutif de l’UA.

Outre la gestion de l’eau et l’assainissement, les chefs d’Etat doivent aborder les questions de paix et de sécurité sur le continent, l’insécurité alimentaire, la résilience face aux enjeux climatiques, ainsi que l’opérationnalisation de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Le renforcement de la représentation de l’Afrique au Conseil de sécurité des Nations unies figure également parmi les priorités.

Les crises continentales devraient occuper une place centrale dans les discussions, notamment la situation dans l’est de la RDC, en Libye, au Sahel et au Soudan, ainsi que les catastrophes naturelles et les urgences humanitaires.

Un des temps forts de ce sommet sera la passation de la présidence tournante de l’UA au président burundais Évariste Ndayishimiye, qui succédera au président angolais João Lourenço pour un mandat d’un an.

Dans le contexte des efforts africains en faveur de la paix dans la région des Grands Lacs, l’Angola a proposé l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu entre le gouvernement congolais et le groupe armé M23 à partir de midi le mercredi 18 février, selon la présidence angolaise. Cette proposition fait suite à une rencontre tenue à Luanda entre les présidents angolais João Lourenço, congolais Félix Tshisekedi, togolais Faure Gnassingbé, médiateur de l’Union africaine, et l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, désigné comme facilitateur par l’UA.

Selon le communiqué angolais, la date proposée reste conditionnée à une « déclaration publique d’acceptation » des parties concernées, à savoir Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23 soutenue par le Rwanda. L’Angola a également indiqué que l’annonce du début de la phase préparatoire du dialogue intercongolais, appelé à se dérouler à Luanda, interviendrait « en temps utile ».

Ces initiatives s’inscrivent dans la continuité d’une réunion de haut niveau tenue le 17 janvier 2026 à Lomé, consacrée à la consolidation du processus de paix en RDC et dans la région des Grands Lacs. A l’issue de cette rencontre, l’Union africaine a précisé l’architecture de sa médiation, placée sous l’autorité du président togolais Faure Gnassingbé et appuyée par cinq cofacilitateurs et un secrétariat conjoint associant l’UA et des organisations régionales.

Malgré l’implication des partenaires internationaux, dont les Etats-Unis dans le cadre du processus de Washington et le Qatar à travers les discussions de Doha entre Kinshasa et l’AFC/M23, la situation sur le terrain demeure marquée par des tensions persistantes et des accusations mutuelles de non-respect des engagements.

A Addis-Abeba, la présidence burundaise entrante a indiqué que ses priorités incluront l’accélération de la mise en œuvre du thème de l’année 2026 consacré à l’eau et à l’assainissement, la poursuite du dialogue continental de la jeunesse sur la paix et la sécurité, ainsi que la participation accrue des jeunes et des femmes aux processus de paix, dans le cadre de l’initiative « Faire taire les armes d’ici 2030 ».

Le Burundi doit assumer, à compter du 15 février 2026, la présidence tournante de l’Union africaine, une première pour le pays depuis la création de l’Organisation de l’unité africaine en 1963, devenue Union africaine.