Masisi : les retournés de guerre peinent à accéder aux soins de santé à Rubaya

Une femme déplacée retournée à Sake
Une femme déplacée retournée à Sake

Les populations récemment retournées après les déplacements forcés liés au conflit armé éprouvent de sérieuses difficultés d’accès aux soins de santé dans la cité minière de Rubaya (territoire de Masisi), au Nord-Kivu. Plusieurs retournés tirent la sonnette d’alarme face à une situation sanitaire jugée préoccupante.

Selon leurs témoignages, la précarité économique demeure le principal obstacle à l’accès aux structures sanitaires.

Dépourvues de ressources financières, ces familles peinent non seulement à payer les frais médicaux, mais également à subvenir à leurs besoins alimentaires quotidiens.

"Nous sommes malades, mais nous n’avons pas les moyens d’aller à l’hôpital. Sans argent pour les médicaments, notre vie est en danger. Nous demandons de l’aide", confient certains retournés rencontrés à Rubaya.

Faute de prise en charge médicale adéquate, de nombreux malades préfèrent rester à domicile ou recourent à des pratiques d’auto-médication, notamment auprès des tradipraticiens, sans aucun diagnostic préalable. Une situation qui suscite de vives inquiétudes parmi les professionnels de santé locaux.

Au Centre de Santé de Référence de Rubaya, le personnel médical observe une baisse notable de fréquentation. Gabriel Kundabose, relais communautaire et deuxième secrétaire du Comité de Santé (COSA), explique cette tendance par le coût des soins.

"Les retournés hésitent à se rendre au centre de santé parce qu’ils craignent de ne pas pouvoir payer les frais après la consultation. La participation communautaire est devenue très faible", explique-t-il.

Face à cette urgence sanitaire, les autorités sanitaires locales lancent un appel pressant aux organisations humanitaires afin de renforcer les structures de santé en médicaments et intrants essentiels. L’objectif est de permettre l’instauration de soins gratuits ou subventionnés en faveur des populations les plus vulnérables.

"J’en appelle aux ONG animées par un esprit de solidarité de venir en aide aux retournés de Rubaya. L’accès gratuit aux soins permettra une amélioration réelle de l’état de santé de la population"n plaide Gabriel Kundabose.