En dépit de la déclaration de la fin de l’épidémie d’Ebola, la République démocratique du Congo continue de faire face à d’autres types d’épidémies, mettant à mal son système sanitaire national, dans un contexte marqué par l’insécurité persistante dans l’Est du pays.
Intervenant lors de la 75ᵉ réunion du Conseil des ministres tenue vendredi 23 janvier 2026, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, a présenté en priorité la situation liée au choléra sur l’ensemble du territoire national.
"L’effectif des nouveaux cas a accru de 1 348 à 1 638 cas suspects, dont 8 décès, soit une létalité de 5 % au cours de la semaine, contrairement à la semaine épidémiologique précédente. Au cours de la même période, Kinshasa a enregistré 19 cas suspects et 2 décès. 30 malades actifs, contre 25 la semaine précédente, sont pris en charge dans les centres de traitement du choléra", renseigne le gouvernement.
Selon sa note d’information, reprise dans le compte rendu de la réunion lu par le porte-parole du gouvernement, Samuel Roger Kamba a indiqué qu’en ce qui concerne le MPOX (variole du singe), la tendance à la baisse se poursuit, le nombre de nouveaux cas passant de 271 à 133.
Rappelons que la République démocratique du Congo (RDC) fait face à une épidémie de choléra d’une intensité alarmante. En seulement neuf mois, de janvier à septembre 2025, plus de 58 000 cas suspects ont été enregistrés, selon les chiffres du ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale. Il s’agit de l’une des épidémies les plus graves de la dernière décennie, révélant l’ampleur de la crise sanitaire qui frappe le pays.
Cette alerte, lancée dès le mois d’octobre de l’année dernière par Médecins Sans Frontières (MSF), tire la sonnette d’alarme et appelle à une mobilisation immédiate et renforcée des autorités nationales, des acteurs humanitaires et des partenaires internationaux pour contenir la propagation de la maladie.
Malgré les assurances répétées du gouvernement lors des réunions du Conseil des ministres quant à sa capacité de riposte, la situation demeure critique et exige des actions immédiates, coordonnées et soutenues.
Clément MUAMBA