RDC : en attendant la convocation du Conseil national du travail, Judith Suminwa instruit l’exécution du décret fixant le Salaire minimum interprofessionnel garanti

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Judith Suminwa Tuluka

La Première ministre Judith Suminwa a évoqué la nécessité d’une application harmonieuse du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), tel qu’institué par le décret y afférent, ainsi que l’importance d’assurer un dialogue social permanent entre les partenaires sociaux. Elle l’a fait savoir lors de la réunion du Conseil des ministres tenue vendredi 9 janvier 2026 à la Cité de l’Union africaine

"Elle a annoncé l’organisation d’une séance de travail avec les responsables des différentes corporations de l’intersyndicale du travail, le lundi 12 janvier 2026 à la Primature, afin de permettre au gouvernement de prendre en compte les préoccupations du monde du travail, six mois après la prise du décret relatif au réajustement du SMIG, et ce, avant la convocation d’une réunion du Conseil national du travail pour harmonisation", rapporte le compte rendu de la réunion.

Dans un décret signé au mois de juin de l’année dernière par la Première ministre Judith Suminwa et contresigné par le ministre de l’Emploi et du Travail, le gouvernement de la République a fixé à 21 500 francs congolais le taux journalier du Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) applicable au travailleur manœuvre ordinaire. L’entrée en vigueur dudit décret est prévue à partir du mois de janvier 2026.

« Le taux journalier du Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti est fixé à 21 500 Francs Congolais pour le travailleur manœuvre ordinaire. Le taux journalier du Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti fixé à l'article 2 du présent décret est payé à partir de la paie du mois de janvier 2026 à 21 500 Francs Congolais ;  La tension salariale en vigueur est appliquée en matière de fixation du Salaire minimum interprofessionnel garanti du travailleur manœuvre ordinaire au cadre de collaboration », pouvait-on lire dans ledit décret de la première ministre.

Ajusté à 14 500 francs congolais depuis décembre 2024 et entré en vigueur à la paie du mois de février suivant, soit sept ans après sa fixation à 7 075 FC sous le gouvernement de Bruno Tshibala, l’actuel Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) avait été jugé insuffisant par le gouvernement. Lors de la réunion du Conseil des ministres du 18 avril dernier, l’Exécutif avait en effet estimé que ce niveau de rémunération n’était pas en mesure de couvrir les besoins essentiels des travailleurs. D’où l’appel du président de la République, Félix Tshisekedi, adressé à la Première ministre, l’invitant à veiller à ce que le nouveau taux du SMIG soit adapté aux réalités du marché, afin de renforcer le pouvoir d’achat des travailleurs.

Dans sa communication, le Chef de l’État avait également salué la tenue de la 37ᵉ session ordinaire du Conseil national du travail (CNT). Les travaux préparatoires, entamés le 8 avril, avaient été clôturés pour laisser place à la session proprement dite, tenue du 21 au 24 avril. Félix Tshisekedi avait insisté sur la nécessité pour cette session de déboucher sur des mesures à même de garantir la dignité des travailleurs, « d’encadrer de manière équitable et responsable l’emploi des étrangers » et de consolider le système de protection sociale dans un esprit de justice, de solidarité et d’équité.

Selon le document consulté, la nouvelle décision gouvernementale abroge toutes les dispositions du Décret n° 18/017 du 22 mai 2018, portant fixation du Salaire minimum interprofessionnel garanti, des allocations familiales minimales et de la contre-valeur du logement, ainsi que toutes les dispositions antérieures contraires au présent décret.

Il convient de rappeler que c’est l’ancien Premier ministre, Bruno Tshibala Nzenze, qui avait signé, le 22 mars 2018, le décret n° 18/017 du 22 mai 2018 portant fixation du nouveau SMIG. Cette décision visait à ajuster le Salaire minimum interprofessionnel garanti, les allocations familiales minimales et la contre-valeur du logement. En son article 2, le texte fixait le taux journalier du SMIG à 7 074 FC pour le travailleur manœuvre ordinaire.

Clément Muamba