Kinshasa : amélioration de la situation du choléra à la prison de Makala, 187 guérisons enregistrées

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Prison centrale de Makala. Ph. Droits tiers.

Récemment frappée par l’épidémie de choléra qui avait gagné du terrain dans la ville-province de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo et siège des institutions, jusqu’à atteindre la plus grande prison du pays, à savoir le Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK), également appelé prison centrale de Makala, la situation semble s’améliorer après la mise en œuvre d’une série de mesures prises par les autorités du pays.

En son sein, des décès ont été signalés et plusieurs cas ont été confirmés parmi les détenus. De manière générale, la note d’information présentée lors de la 82ᵉ réunion du Conseil des ministres par la ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale, Raïssa Malu, intervenant au nom de son collègue ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, révèle que, concernant le choléra, les données indiquent la poursuite d’une légère baisse des cas suspects au cours de la semaine sous examen.

"La province de Kinshasa demeure toutefois la plus touchée, avec près de 240 nouveaux cas suspects et des décès signalés. Au total, 84 malades actifs sont actuellement pris en charge dans les centres de traitement du choléra de Kinshasa, contre 41 la semaine précédente. Parallèlement, la situation dans la Prison centrale de Makala montre une amélioration importante avec la baisse du nombre de malades hospitalisés. Six malades actifs ainsi que l'augmentation des sorties guéries portant le cumul à 187 patients", rapporte le compte rendu de la réunion.

Au sujet du Mpox, poursuit le compte rendu de la réunion, la tendance observée à la neuvième semaine indique également une légère hausse du nombre de nouveaux cas suspects, passés de 258 à 285 patients. Depuis le début de l’épidémie en 2024 jusqu’à la neuvième semaine de 2026, le cumul s’élève à 123 762 cas suspects, dont 34 822 confirmés.

C’est dans ce contexte que le ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale a tenu à rassurer le Conseil quant au maintien des dispositifs et à la poursuite des actions de riposte afin de contenir ces épidémies.

Rappelons que le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, avait ordonné, avec effet immédiat samedi 14 février dernier, l’interdiction temporaire de toute nouvelle admission à la prison centrale de Makala, à Kinshasa, et ce jusqu’à nouvel ordre. Cette décision fait suite à l’apparition de cas de choléra ayant déjà causé plusieurs décès au sein de cet établissement pénitentiaire.

Dans une circulaire parvenue à la rédaction d’ACTUALITE.CD, le garde des Sceaux congolais précise que la situation sanitaire à la prison centrale de Makala a, à ce jour, entraîné cinq décès, enregistrés depuis le 12 février 2026. Autre mesure annoncée, la limitation stricte des visites, sous réserve du respect rigoureux des règles d'hygiène et des prescriptions sanitaires en vigueur, ainsi que le renforcement immédiat des dispositifs sanitaires, comprenant notamment la mise à disposition de médicaments essentiels, l'approvisionnement en produits de prévention et de désinfection et le déploiement d'équipements et de matériels médicaux appropriés.

"Il a été porté à ma connaissance la survenue de cas de choléra au sein de la Prison centrale de Makala, ayant entraîné, à ce jour, cinq (5) décès enregistrés depuis le 12 février 2026. Selon les informations sanitaires officielles, l'Institut national de recherche biomédicale (INRB) a confirmé treize (13) cas positifs sur dix-sept (17) prélèvements analysés. Parmi ces cas confirmés, quatre (4) personnes sont déclarées rétablies et cinq (5) décès ont été constatés. Par ailleurs, quinze (15) nouveaux cas suspects ont été identifiés au cours de la journée du 13 février 2026", renseigne le ministre Guillaume Ngefa.

D'après le successeur de Constant Mutamba, la mise en œuvre de la présente circulaire s'effectue en étroite coordination avec le Ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale et les services sanitaires compétents de l'État. À cet effet, les services de l'administration pénitentiaire sont tenus de faciliter l'intervention des équipes médicales et techniques, d'assurer l'échange régulier d'informations sanitaires et épidémiologiques et de mettre en œuvre sans délai les recommandations sanitaires formulées par les autorités compétentes.

"Un rapport quotidien de situation sanitaire, détaillant l'évolution des cas, les mesures prises et les besoins éventuels, est transmis chaque jour à l'autorité compétente, conjointement par les services pénitentiaires et sanitaires, jusqu'à la maîtrise complète de la situation épidémiologique. Les responsables pénitentiaires, les autorités sanitaires compétentes et l'ensemble des services concernés sont tenus de veiller à l'exécution stricte de la présente circulaire et d'en assurer le suivi rigoureux. La présente circulaire entre en vigueur à la date de sa signature et sera diffusée partout où besoin sera", a ajouté le ministre de la Justice et garde des Sceaux.

Selon Guillaume Ngefa, la présente circulaire était prise en application de la Loi n°23/028 du 15 juin 2023 déterminant les principes fondamentaux relatifs au régime pénitentiaire, notamment en ses dispositions relatives à la protection de la santé, à la dignité des personnes privées de liberté et à la responsabilité de l'État en milieu carcéral, de la Loi nº18/035 du 13 février 2018 relative à la santé publique, habilitant les autorités compétentes à prendre toute mesure exceptionnelle en cas de menace sanitaire, ainsi que des attributions légales du Ministre d'État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux en matière d'administration pénitentiaire et de protection des personnes sous main de justice.

Clément MUAMBA