Ce lundi soir, les rues de la ville de Kolwezi habituellement animées par le va-et-vient des camions et des motos-taxis étaient désertes. Les boutiques sont restées closes, et les écoles silencieuses, comme si toute la ville retenait son souffle.
Ce mardi, dans plusieurs quartiers, les traces de violence sont encore visibles. Des véhicules calcinés et vandalisés jonchent certaines artères. Des magasins ont été pillés et un bureau de police situé au quartier Kakifuluwe dans la commune de Manika a été saccagé, témoignant de l’intensité des affrontements qui ont opposé les creuseurs artisanaux aux forces de sécurité.
Selon les autorités locales, le bilan humain est lourd : plusieurs blessés graves et de nombreuses arrestations ont été enregistrés.
Au cœur de cette crise, un arrêté du ministre des Mines a déclenché la colère des exploitants miniers. Cette décision suspend toutes les unités de traitement des substances minérales issues de l’exploitation artisanale dans la filière cupro-cobaltifère.
Pour de nombreux creuseurs, cette mesure est perçue comme une injustice directe, menaçant leur subsistance et celle de leurs familles. Sur le terrain, la tension est palpable.
Les forces de sécurité ont renforcé leur présence ce mardi multipliant des patrouilles et des contrôles pour éviter une escalade. Mais dans les ruelles de Kolwezi, la peur reste omniprésente.
« Nous avons peur de sortir de chez nous, on ferme le magasin pour éviter des troubles avec les creuseurs. Tout peut recommencer à tout moment », confie un commerçant du centre-ville.
Les habitants racontent des scènes de chaos et de panique. Certains témoins expliquent que les affrontements ont commencé dès l’aube, lorsque les creuseurs ont tenté de manifester contre la suspension des unités de traitement.
Cette crise révèle l’urgence d'une communication entre les autorités et les manifestants qui visiblement ne comprennent pas la portée de l’arrêté ministériel du 19 décembre 2025. Sans concertation, la contestation sociale pourrait à nouveau dégénérer, avec des conséquences plus graves pour la population et l’économie locale.
Timothée Prince ODIA