Est de la RDC : 2,5 millions de personnes supplémentaires dans une situation d'insécurité alimentaire aiguë, le PAM dénonce les problèmes de liquidités dus à la fermeture des banques

Le site des déplacés de Lushagala
Le site des déplacés de Lushagala

D'après sa dernière évaluation publiée le 27 mars dernier, la classification intégrée des phases (IPC) de la sécurité alimentaire a noté une détérioration des besoins humanitaires en RDC, avec un plongement de 2,5 millions de personnes de plus dans une situation d'insécurité alimentaire aiguë, faisant un total de 28 millions personnes au pays, le nombre le plus élevé jamais enregistré avant.

Ce fléau, qui frappe de plein fouet les populations vivant dans l'est de la RDC, s'explique par l'exacerbation du conflit armé et la hausse des prix des denrées alimentaires, ramenant de 55% à 61% le taux, dont 20 % en situation d'urgence, soit 3,9 millions de personnes.

De son côté, le Programme Alimentaire Mondial (PAM), qui exprime sa préoccupation face à cette situation alarmante, affirme avoir repris l'aide alimentaire d'urgence dans les Nord et Sud-Kivu, mais s'inquiète de l'accès humanitaire, qui s'avère difficile à cause de la fermeture des aéroports de Goma et Kavumu. Il présente, par ailleurs, le pillage de ses entrepôts, les problèmes de liquidité dus à la fermeture des banques comme contraintes opérationnelles. 

« Après des interruptions localisées dues à des combats actifs dans les zones d'opérations, le PAM a repris l'aide alimentaire d'urgence dans le Nord et le Sud-Kivu à la mi-mars. Cependant, l'accès humanitaire reste un défi majeur, étant donné la fermeture continue des aéroports de Goma et de Kavumu. Les pillages d'entrepôts, les problèmes de liquidités dus à la fermeture des banques, ainsi que les restrictions à l'importation de denrées alimentaires constituent d'autres contraintes opérationnelles importantes. Le PAM ajuste son intervention d'urgence et prévoit d'intensifier sa réponse en coordination avec ses partenaires. Le PAM vise à atteindre 6,4 millions de personnes en RDC en 2025 », a-t-il fait savoir dans un communiqué.

Dans la foulée, le PAM décrit «préoccupante» la situation sanitaire dans l'est de la RDC, où le conflit en cours et les déplacements de population favorisent la propagation des maladies infectieuses tout en empêchant les tests et une réponse médicale efficace. «Entre janvier et la mi-mars 2025, 12 600 cas de choléra ont été détectés dans l'ensemble du pays, avec un taux de mortalité de 2 %. En outre, 15 200 cas de MPOX ont été confirmés en 2025, avec un taux de mortalité suspecté de 1,9 %», rappelle-t-il. 

Samyr LUKOMBO