Haute Cour militaire : examen ce jeudi des mémoires de défense dans l’affaire impliquant John Numbi, Christian Tshiwewe et consorts

Christian Tshiwewe et Félix Tshisekedi
Christian Tshiwewe et Félix Tshisekedi

La Haute Cour militaire de la République démocratique du Congo va poursuivre, ce jeudi 9 juillet 2026, l'affaire opposant l'auditeur général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) aux généraux d'armée John Numbi, ancien inspecteur général des FARDC, et Christian Tshiwewe, ancien chef d'état-major général des FARDC et ancien conseiller militaire du chef de l'État Félix Tshisekedi, ainsi qu'à sept autres officiers supérieurs et à Pascal Nyembo, ancien DG du CEEC.

D'après l'extrait de rôle de la plus haute juridiction militaire de la RDC, les prévenus sont appelés à répondre de plusieurs chefs d'accusation particulièrement graves, notamment : complot, trahison, apologie du terrorisme, propagation de faux bruits, violation des consignes, désertion à l'étranger, détention illégale d'armes et de munitions de guerre, ainsi qu'incitation de militaires à commettre des actes contraires au devoir et à la discipline.

Après la brève audience précédente, le rendez-vous de ce jour sera consacré à l'examen des mémoires uniques déposés par les différents avocats de la défense au profit de leurs clients. Si leur contenu n'est pas encore connu du grand public, ces avocats entendent dénoncer les conditions d'arrestation et de détention de leurs clients et pourraient également soumettre à la Haute Cour des demandes de liberté provisoire ou de comparution en homme libre, entre autres requêtes. Il reviendra à la Haute Cour d'en décider en dernier ressort, après avis du ministère public.

« Arrêtés et détenus dans des circonstances qui appellent des doutes, nous devons dénoncer, entre autres, les conditions de leurs arrestations et de leurs détentions. Lorsqu'un prévenu devant les juges militaires dépose un mémoire unique, il devient demandeur par incident. Celui qui doit être prêt à répondre aux moyens qui seront relevés, c'est plutôt l'accusation, en la personne de l'auditeur général des FARDC. Il faut donc considérer que chacune des parties demanderesses par mémoire unique est déjà prête », avait déclaré à la presse lors de la précédente audience Papy Niango Iziamay Munshemvula, l'un des avocats de la défense.

De son côté, Me Parfait Kanyanga, avocat du général d'armée Christian Tshiwewe, avait rassuré qu'il avait déjà déposé ses mémoires et qu'il était prêt à défendre les intérêts de son client.

« Nous avons déposé les mémoires uniques et nous devons d'abord exposer les moyens développés dans ces mémoires. Ce n'est qu'après que nous aborderons le fond de l'affaire. Le général d'armée Christian Tshiwewe a déposé son mémoire unique par mon entremise, en ma qualité de conseil, et nous entendons en découdre le jeudi 9 juillet 2026 », avait affirmé Me Parfait Kanyanga.

La première audience présidée par le premier président de la Haute Cour militaire, le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalay Tiende, avait permis à la juridiction militaire de procéder à l'identification des différents prévenus. Plusieurs d'entre eux étaient présents et assistés de leurs avocats-conseils. Il s'agit notamment du général d'armée Christian Tshiwewe Songesa ; du général d'armée John Numbi Banza Ntambo (en fuite) ; du général-major Maurice Nyembo Kufi ; du général de brigade Chinyabuuma Kamukinde ; du général de brigade Ngoy wa Kabila John ; du général de brigade Sangwa Muhemedi John ; du colonel Mukombozi Zahinda Guy ; du colonel Sangwa Lumbu Pathy ; du colonel Tshinabo Kenge Christophe (en fuite) ; et enfin de Pascal Nyembo Muyumba (en fuite), ancien directeur général du Centre d'expertise, d'évaluation et de certification des substances minérales précieuses et semi-précieuses (CEEC).

En revanche, le général d'armée John Numbi, ancien inspecteur général des FARDC, Pascal Nyembo Muyumba, ancien directeur général du CEEC, ainsi que le colonel Tshinabo Kenge Christophe n'étaient pas présents à l'ouverture de l'audience devant la Haute Cour militaire et sont considérés comme étant en fuite. L'auditeur général des FARDC avait ainsi requis que le défaut soit retenu à leur égard. Selon le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, auditeur général des FARDC, cette démarche se justifie au regard des dispositions des articles 326 et 327 du Code judiciaire militaire congolais, les prévenus concernés étant en fuite.

Ce nouveau procès vient allonger la liste des affaires judiciaires impliquant des hauts gradés et officiers généraux des FARDC, dans un contexte marqué par la guerre d’agression menée par le Rwanda à travers la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par Kigali dans l’est de la RDC. Parmi les griefs généralement retenus dans ce type de dossiers figurent notamment le complot, la trahison, l’exécution d’ordres illégaux ainsi que l’accomplissement d’actes ou d’instructions contraires à la loi dans l’exercice de leurs fonctions.

Clément MUAMBA