ONU : après des sanctions contre des commandants du M23 et des FDLR, les USA appellent les autres États à agir contre les auteurs de violences sexuelles

Une photo d'une réunion du conseil de sécurité des Nations unies
Une photo d'une réunion du conseil de sécurité des Nations unies

Les États-Unis se sont félicités de l'occasion offerte par la 10190e séance du Conseil de sécurité de l'ONU consacrée sur « Les femmes, la paix et la sécurité », placée sous le thème : « Honorer la promesse du droit international envers les survivantes et survivants de violences sexuelles liées aux conflits ». Cette réunion a permis d'examiner les moyens par lesquels le Conseil de sécurité et l'ensemble des États membres de l'ONU peuvent renforcer leurs efforts pour prévenir les violences sexuelles liées aux conflits, soutenir les victimes et garantir que les auteurs de ces crimes soient traduits en justice.

Intervenant mercredi 8 juillet 2026 au cours de cette séance organisée sous la présidence de la République démocratique du Congo et dirigée par la Première ministre Judith Suminwa, l'ambassadrice Tammy Bruce, représentante adjointe des États-Unis auprès des Nations Unies, a estimé que les discours ont certes leur importance, mais que, ce sont avant tout les actes qui comptent.

À l'appui de son argumentaire, la diplomate a rappelé que le président des États-Unis, Donald Trump, et son administration montrent, selon elle, l'exemple en matière de résolution des conflits à travers le monde. Elle a également souligné que, tant que les conflits persistent, il est impératif d'agir, individuellement et collectivement, afin de protéger les personnes les plus vulnérables, en particulier les femmes et les filles.

« Les violences sexuelles sont un fléau, tant en temps de guerre que dans la vie domestique. Chaque femme présente dans cette salle sait de quoi je parle, directement ou indirectement, tout comme nos mères, nos sœurs, nos amies et nos épouses. Le mois dernier, le Trésor a également annoncé des sanctions contre deux commandants des groupes armés M23 et FDLR ayant des antécédents documentés de violations des droits de l'homme, notamment de violences sexuelles, dans l'est de la RDC. Nous encourageons tous les États membres de l'ONU à se joindre aux États-Unis pour renforcer leurs propres mécanismes de responsabilisation afin de garantir que les auteurs de violences sexuelles liées aux conflits soient tenus responsables », a-t-elle déclaré.

Face à ce qu'elle considère comme une insuffisance des actions du Conseil de sécurité et des États membres pour lutter contre ce fléau, la diplomate américaine a réaffirmé la détermination de son pays à assumer ses responsabilités en appelant à des mesures concrètes pour protéger les personnes vulnérables. 

« Les États-Unis continueront d'honorer leurs engagements et de réclamer des mesures concrètes pour protéger les personnes les plus vulnérables. Nombre d'entre nous ont passé des décennies à user de rhétorique pour tenter de changer la société, mais cette instance et l'ONU ont la possibilité d'agir, et c'est ce dont nous avons besoin au XXIe siècle. À l'ère moderne, avec le nombre de femmes présentes ici, il n'y a aucune excuse. La violence faite aux femmes et aux enfants, qu'elle soit sexuelle ou autre, condamne le potentiel même de l'humanité. Elle ne saurait être considérée comme une fatalité. En tant que peuples civilisés, nous pouvons et devons la surmonter. Mettre fin aux violences sexuelles en période de conflit est évidemment primordial. C'est la raison de notre présence ici. Toutefois, nous n'y parviendrons que si nous prenons ce problème au sérieux, y compris en temps de paix », a affirmé l'ambassadrice Tammy Bruce. 

Cette séance intervient dans un contexte où les femmes de la République démocratique du Congo, particulièrement dans les zones en conflit, continuent d'être victimes de violences sexuelles commises dans un climat marqué par l'activisme des groupes armés locaux et étrangers. À cela s'ajoute l'agression rwandaise, selon les autorités congolaises, à travers la rébellion de l'AFC/M23, qui contribue à aggraver la vulnérabilité des femmes dans l'est du pays.

Les initiatives diplomatiques engagées pour mettre fin à cette crise et rétablir durablement la paix peinent à produire des résultats concrets. Si des avancées sont régulièrement annoncées sur le plan politique et diplomatique, la situation sur le terrain reste préoccupante, les différents protagonistes poursuivant les affrontements tout en s'accusant mutuellement de ne pas respecter les engagements pris

Clément MUAMBA