La crise humanitaire en République démocratique du Congo (RDC) demeure préoccupante. Devant le Conseil de sécurité des Nations unies ce vendredi 26 juillet 2026, le chef de la MONUSCO, James Swan, a tiré la sonnette d’alarme sur la situation des populations civiles affectées par les conflits et les difficultés d’accès à l’aide humanitaire.
"Près de 27 millions de personnes soit plus d’un quart de la population souffrent d’insécurité alimentaire", a déclaré James Swan, soulignant l’ampleur des besoins humanitaires dans le pays.
Selon le chef de la mission onusienne en RDC, les contraintes logistiques aggravent davantage la situation, notamment dans l’Est du pays. La fermeture prolongée des banques à Goma, ainsi que la suspension des activités aux aéroports de Goma et de Kavumu, compliquent le quotidien des habitants et ralentissent l’acheminement de l’aide humanitaire.
James Swan a appelé toutes les parties concernées à accorder la priorité aux besoins des populations en facilitant la réouverture de ces infrastructures essentielles.
"La fermeture prolongée des banques à Goma et des aéroports de Goma et de Kavumu continue d’aggraver les difficultés de la population civile et d’entraver l’acheminement de l’aide humanitaire vitale. J’appelle toutes les parties à donner la priorité aux besoins humanitaires en finalisant les accords nécessaires à la réouverture de ces infrastructures", a-t-il plaidé lors de son intervention.
Le responsable onusien a également condamné les attaques visant les acteurs humanitaires qui interviennent auprès des communautés vulnérables.
"Je condamne avec la plus grande fermeté les violences perpétrées contre les acteurs humanitaires" a-t-il déclaré, précisant que " quatre travailleurs humanitaires ont été tués en RDC depuis le début de l’année".
Depuis l’occupation des villes de Goma (Nord-Kivu) et de Bukavu (Sud-Kivu) par la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, les banques et d’autres institutions financières ont cessé leurs activités dans cette partie du pays. La relance de la CADECO par les autorités de la rébellion n’a pas produit les résultats escomptés. Cette situation a davantage aggravé la précarité des populations déjà meurtries par les affres de la guerre et des violences.
Depuis quelque temps, des voix ne cessent de s’élever pour demander aux autorités de Kinshasa d’ordonner la réouverture des banques afin de soulager, tant soit peu, ces populations. En réaction, lors d’un briefing de presse en juin 2025, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, avait tenu à préciser que ces institutions n’étaient pas fermées par la volonté du gouvernement, mais plutôt en raison des conditions sécuritaires qui ne garantissaient pas la protection des épargnants.
Concernant les aéroports, Kinshasa et l’AFC/M23 se rejettent également la responsabilité de leur fermeture. Toutefois, lors de la visite du commissaire européen chargé de la gestion des crises à Goma, Corneille Nangaa, chef de l’AFC/M23, avait déclaré que ceux qui réclament la réouverture des aéroports « frappent à la mauvaise porte », rappelant que cette responsabilité incombe aux autorités de l’AFC/M23 qui administrent ces zones du pays.
L’implication de la France, à la suite de la conférence internationale humanitaire organisée avec le Togo l’année dernière, au cours de laquelle la réouverture de l’aéroport de Goma avait été recommandée, peine toujours à produire des effets concrets.
Clément MUAMBA