Devant le Conseil de sécurité des Nations Unies ce vendredi, le chef de la MONUSCO a présenté un bilan humanitaire accablant pour l'est de la République démocratique du Congo, révélant l'ampleur d'une crise qui frappe en premier lieu les populations civiles.
Depuis le 19 mars 2026, 632 civils ont péri dans les conflits armés au Nord-Kivu et en Ituri, selon les données compilées par la mission onusienne. Sur la même période, le Bureau conjoint des droits de l'homme des Nations Unies a répertorié 1 221 violations, dont de nombreux cas de violences sexuelles imputables tant aux groupes armés qu'à des membres des forces de sécurité congolaises, touchant près de 3 000 victimes, parmi lesquelles 392 femmes et 378 enfants.
Les Forces Démocratiques Alliées concentrent une part significative de cette violence. En Ituri, le groupe jihadiste a tué 287 civils depuis le dernier rapport au Conseil, dont 44 femmes. Au Nord-Kivu, après une relative accalmie en début d'année, les attaques ont repris avec 66 civils tués ces dernières semaines, dont 17 femmes et 3 enfants. L'accès humanitaire reste par ailleurs très difficile dans ces zones, malgré les efforts déployés par la mission.
Pour faire face, la MONUSCO a renforcé son dispositif opérationnel, malgré une crise de liquidités qui touche l'ensemble des opérations de maintien de la paix de l'ONU, en conduisant plus de 2 100 patrouilles conjointes avec les FARDC et en déployant des bases mobiles dans les zones les plus exposées. La mission appuie également les mécanismes locaux de paix, avec des progrès signalés en Ituri autour du dialogue entre groupes armés.